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Notre planète s'est réchauffée d'environ 1 degré au cours de ce dernier siècle. A ce rythme là, dans deux millénaires, la terre aura une température de 20°C supérieure à l'actuelle ! Quelle que soit la limite supportable par l'ensemble des organismes vivants, le bout du tunnel n'est qu'à quelques milliers d'années.

  
DossiersRégion PACA : Les espèces menacées : Survivre, s'adapter ou mourir... Mais à quel prix ?
 

Espèces menacées et protégées par des arrêtés préfectoraux :

  • Les Cétacés
Copyright Photo Christian Coudre

De nombreux mammifères marins figurent sur la liste rouge des espèces menacées. Baleines, Cachalots, Orques, Dauphins et Marsouins sont victimes d' « accidents » de pêche, de collisions bien souvent fatales avec des gros navires et surtout de la pollution par les métaux lourds (mercure, cuivre, zinc, plomb ...) ou les organochlorés (composés à base de chlore : pesticides, insecticides ...) qui sont à l'origine de troubles graves qui peuvent concerner certaines fonctions vitales dont notamment celles de la reproduction ou encore du sens de l'orientation. Les échouages, solitaires ou massifs, laissent le plus souvent un sentiment d'impuissance car ils sont, dans la plupart des cas, difficiles à expliquer et sans solution préventive. Il ne reste généralement que l'intervention d'urgence qui permet parfois de sauver quelques individus lorsque la découverte se fait à temps.

  • Le Mérou brun

Le Mérou, un des rares poissons qui a développé une relation « amicale » avec l'homme en raison d'une accoutumance rapide et favorisée par le nourrissage que pratiquent des plongeurs.

Il est même devenu une attraction commerciale pour certains clubs de plongée qui entretiennent cette relation pour donner plus d'intérêt aux sorties sous-marines touristiques.

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Dans un but de découverte pure, ceci pourrait être une bonne chose, car faire découvrir la vie marine contribue à développer sa protection. Mais le problème est que rendre de tels poissons familiers à la présence de l'homme les expose à une autre catégorie de plongeurs : les chasseurs sous-marins.

Même s'il y a toujours une bonne part de pratiquants qui sont respectueux de « bonnes pratiques », un nombre qui sera toujours trop important n'ont que faire des conséquences de leurs activités et ne verrons toujours en ce poisson qu'une proie facile à capturer et surtout un trophée de choix en raison de sa taille importante.

  • La Datte de mer

Ce curieux bivalve est aussi connu sous le nom de « Moule perforeuse » en raison de sa capacité à creuser des galeries dans la roche en sécrétant un acide.

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Outre une constatation de réduction massive des populations de ce mollusque dans certaines régions, l'interdiction de pêche est plutôt liée à son mode de vie. De ce fait, la meilleure méthode de récolte était l'explosif ou encore le burin ou le marteau-piqueur pour aller l'extraire de la roche ...... la stupidité de l'homme a-t-elle des limites ?

  • Le Jambonneau ou Grande nacre
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Le Jambonneau « Pinna nobilis » est une moule géante qui peut atteindre 1 mètre de hauteur. Elle vit dans les fonds sablonneux, au milieu d'herbiers de Posidonies et se tient en position verticale, enracinée dans le substrat par le byssus. Sa chair n'est pas comestible, mais ses valves à l'intérieur nacré ont été trop convoitées pour servir d'ornement. De plus sa position verticale l'expose aux filets de pêche, engins de traîne et ancres de bateaux qui les arrachent de leur support. Sa protection passe par une interdiction de ramassage, mais également par une réglementation des mouillages dans certaines zones.

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A cette liste s'ajoutent les herbiers de Posidonies qui souffrent de la pollution, des constructions côtières et du dragage des ancres ou des engins de pêche. L'Oursin diadème, espèce aux longs piquants, devenu très rare le long des côtes françaises ; La Patelle géante et la Grande cigale, victimes de surexploitation, puis les Tortues marines et le Phoque moine, pour qui les zones sauvages qui leur permettaient de s'abriter et surtout de se reproduire ont été remplacées par des aménagements littoraux.

D'autres espèces sont menacées sans bénéficier de protection légale. On peut citer les Hippocampes, les Porcelaines, le Coralligène et autres animaux marins qui sont appréciés des collectionneurs de souvenirs de plongée.

Il ne s'agit là, je l'espère, que d'un manque de sensibilisation et de connaissance du milieu marin qui sera rapidement comblé par les nombreuses campagnes pédagogiques qui concernent toute personne qui s'approche du bord de mer.

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Un dernier exemple : le Corb, merveilleux poisson convoité pour la finesse de sa chair, mais surtout pour la beauté de ses otolithes, concrétions calcaire de l'oreille interne, organe de l'équilibre et malheureusement pour lui, semblables à des pierres qui ont pris un aspect précieux au regard de l'homme ... Hallucinant !!! Devenu extrêmement rare sur la Côte Bleue, il a fallu la création de deux réserves naturelles pour commencer à revoir quelques spécimens fréquenter les zones rocheuses de nos calanques.