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L'agression et la réponse à l'agression

Dossier - Primates : Agression, conciliation, résolution des conflits
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Chez les primates, l'agression et son contrôle reflètent le type de relations sociales que les individus du groupe entretiennent. Il est intéressant d'étudier ces comportements chez divers groupes car ils sont révélateurs du style de dominance de l'espèce.

  
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Un conflit comprend l'émission d'un comportement agressif (menace visuelle, menace vocale, tape, claque, charge, morsure) d'un individu (qu'on qualifie d'agresseur) et la réponse de l'individu agressé (contre-attaque, fuite ou soumission)

Que font les singes en cas d'agression d'un des leurs ? © Garrett Ziegler, Flickr CC by-nc 2.0
Menace d'un mâle capucin moine (Cebus capucinus ). © Arianna De Marco - Reproduction et utilisation interdites

La forme des conflits n'est pas identique d'une espèce à l'autre. Ces différences interspécifiques peuvent être extrapolées à l'ensemble des interactions sociales des espèces, qu'elles soient de nature agressive ou affiliative.

1 - Symétrie

Menace d'un mâle macaque rhésus (Macaca mulatta). © Arianna De Marco - Reproduction et utilisation interdites

L'agression peut être unidirectionnelle, quand un seul des deux opposants présente des comportements d'agression, ou bidirectionnelle (symétrique), quand l'agressé contre-attaque l'agresseur. On observe des différences interspécifiques : dans certaines espèces, l'individu agressé fuit ou se soumet le plus souvent alors que dans d'autres espèces, la contre-attaque est fréquente.

2 - Intensité

L'intensité de l'agression est mesurée par le pourcentage d'interactions agonistiques impliquant un contact physique (contact manuel ou morsure) sur le nombre total d'interactions. La gravité du conflit dépend de cette intensité : une morsure qui entraîne une blessure étant le cas le plus extrême.

Un examen des causes immédiates permet d'expliquer nombre des différences que l'on observe entre espèces, sans recourir aux causes ultimes. Intensité et symétrie de l'agression sont deux paramètres indissociables. Que la proportion des contre-attaques dans les conflits soit d'autant plus faible que la fréquence des morsures est élevée résulte d'éléments tactiques : lorsque le risque de morsure est grand, la meilleure stratégie pour l'individu agressé consiste à fuir ou à se soumettre, alors qu'il peut contre-attaquer si le danger est faible.

C'est la stratégie développée par les macaques japonais (Macaca fuscata) et les macaques rhésus. À l'inverse, chez les macaques de Tonkean (Macaca tonkeana) et les macaques à crête (Macaca nigra), un individu pourra contre-attaquer et contester un dominant car le risque de blessure est limité voire nul.