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Comment localiser un animal ?

Dossier - Oiseaux à suivre : le système Argos pour le suivi de la faune
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Que l'on soit biologiste, écologue, vétérinaire, forestier ou responsable de parc naturel, il est très souvent utile de savoir où se trouvent les animaux que l'on étudie, avec lesquels on cohabite, ou qui utilisent le territoire où l'on travaille.

  
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Bien sur, l'affût et la paire de jumelles peuvent parfois être suffisants, mais combien d'observateurs et combien d'heures faut-il pour établir avec précision la migration d'un oiseau de France jusqu'au Mali ?

Sans compter que l'identification précise des individus est souvent impossible dans un groupe en mouvement, et que le camouflage est un art que les animaux maîtrisent mieux que les humains. De plus, comment savoir où plongent les manchots, où mangent les tortues marines, où se reposent les cigognes et où volent les albatros quand un homme, même bien équipé, ne peut pas les suivre jusque là ?

Manchots de Magellan © Martin St-Amant - CC BY-SA 3.0

La solution est apparue avec l'avènement de l'électronique miniaturisée et des technologies satellitaires : un émetteur peut être reconnu et localisé (longitude et latitude) n'importe où à la surface du globe par les récepteurs du système Argos embarqués à bord des satellites. CLS (Collecte Localisation Satellites, filiale du Centre National d'Etudes Spatiales) exploite le système Argos qui fournit au fil des années plus de localisations, plus précises, pour permettre aux scientifiques de mener des études toujours plus précises. Embarqué à bord de satellites de plus en plus nombreux, les récepteurs sont plus sensibles et la bande de fréquence de réception des messages est élargie ce qui permet aux émetteurs de faible puissance, comme souvent sur les animaux, d'être mieux reçus et traités. Les constructeurs d'émetteurs (balises) ont tellement miniaturisé l'électronique que certains ne pesent maintenant que quelques dizaines de grammes (18/20 g) et peuvent aussi être alimentés par des piles solaires.

Adieu les balises encombrantes et lourdes ! Des espèces de plus en plus petites peuvent ainsi bénéficier de cette technologie pour être mieux étudiées et protégées.

Concrètement, pour pouvoir localiser un animal, il faut d'abord l'avoir équipé d'une balise, ce qui implique un contact avec l'homme au moins une fois pour la pose du matériel. La capture n'est pas toujours nécessaire, par exemple pour les gros mammifères marins qui peuvent être "harponnés" avec une balise à quelques mètres de distance. Mais il faut toujours que le matériel posé dérange le moins possible l'animal dans sa vie quotidienne (poids minimum, camouflage, aéro ou hydro-dynamisme, fixation rapide, etc...). Il doit aussi résister au mode de vie (pression en vol ou en plongée, corrosion, tentatives d'arrachage, etc...) sans pour autant être dangereux ou blessant. Les balises sont donc fabriquées sur mesure, en fonction de chaque espèce et de chaque programme d'étude, et les fixations réalisées au cas par cas.

Le principale avantage du système Argos est de fournir à domicile et pratiquement en direct à l'utilisateur (chercheur, scientifique, professionnel,...) les données de localisation de ses balises sur de grandes distances. Ainsi, les chercheurs du Centre d'Ecologie et Physiologie Energétiques du CNRS de Strasbourg peuvent savoir où se trouve une de leurs tortues, nageant quelques minutes auparavant dans l'océan atlantique, en se connectant simplement au réseau informatique de CLS-Argos.