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La répartition du campagnol amphibie (dangers et protection)

Dossier - Qui est le le campagnol amphibie ?
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Actif de jour comme de nuit, en été comme en hiver, il est végétarien et souffre beaucoup de la disparition de ses milieux de vie et des traitements chimiques utilisés contre ses cousins les campagnols terrestres.

  
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S'il est plus facile de sensibiliser les populations à la protection des baleines et des éléphants, il est parfois important de se pencher sur les « sans-grade » de la faune européenne, qui sont parfois très discrets et qui risquent de disparaître sans faire de bruit !

Le campagnol amphibie a déjà un handicap au départ : son aire de répartition est faible comme le montre la carte ci-dessous. Il n'existe que dans le sud ouest de l'Europe et encore pas de manière continue partout !


Carte de distribution

A - Les principaux dangers viennent de 3 directions

-- La dégradation des milieux naturels que le campagnol amphibie habite ;
-- La lutte contre les campagnols en général et avec des produits chimiques en particulier (voir chapitre suivant) ;
-- Le déficit et le non respect des réglementations en vigueur à quoi on peut ajouter l'ignorance et le manque de curiosité pour son environnement.

B - Lutte physique : la prévention pour le potager

De bonnes pratiques d'hygiène, que chacun peut mettre en  œuvre, contribueront à éloigner les campagnols et d'autres rongeurs de votre jardin. Il est évident que de telles méthodes, très douces ne conviennent pas pour les champs dans lesquels d'ailleurs les campagnols amphibie se déplacent peu parce qu'ils restent au bord de l'eau. Ramassez tout ce qui pourrait servir de nourriture, comme les légumes laissés dans le jardin à la fin de la saison. Un entretien adéquat de la végétation aidera à prévenir l'augmentation de la population.

Si vous disposez du paillis sur les fraisiers ou les autres vivaces, faites-le seulement après le gel du sol. Un paillis placé sur le sol avant le gel donnera accès aux rongeurs aux racines des plantes. Assurez-vous d'utiliser des contenants de métal ou de verre à l'épreuve des rongeurs pour conserver les semences et les aliments pour oiseaux. Les bacs à compost devraient aussi être inaccessibles aux rongeurs. Un moyen de protection efficace et facile consiste à entourer les parcelles de jardin avec du gravier ou du mâchefer (cendres). Cette barrière devrait avoir une profondeur de 20 cm (6 à 8 pouces) et un pied ou plus de largeur. Un petit muret fait aussi l'affaire. Les gaines de plastique commerciales pour protéger les arbres contribueront à empêcher les campagnols de ronger l'écorce.

C - Piégeage

Attention le piégeage des mammifères est soumis à autorisation !

Attention le mécanisme du piège peut être déclenché par n'importe quel animal et vous risquez de tuer des animaux menacés en particulier le campagnol amphibie qui se prendra dans le piège de la même manière que le campagnol terrestre et qui mourra aussi !

On peut utiliser le piège à souris classiques. Toujours agir avec une extrême prudence. Garder les pièges hors de la portée des enfants. Vous pourriez signaler par des affiches la présence de ces pièges. La façon la plus efficace de réduire les populations de campagnols par le piégeage est d'acheter un grand nombre de pièges à ressort et de les disposer tous à la fois pendant une ou deux nuits. Si, à juste raison, les pièges sont accusés d'être peu efficaces, source de souffrance et d'une mise en oeuvre peu aisée, depuis près de 4 ans, J. Malevez a mis au point un piège simple à l'emploi, efficace et provoquant une mort rapide du rongeur (le Topcat, voir biblio).


Topcat

Des captures de 100 campagnols par jour avec 40 à 50 pièges Topcat, n'ont rien d'exceptionnel et démontrent l'efficacité du produit. Néanmoins, si des agriculteurs en Suisse et en Allemagne l'ont déjà adopté, la France ne l'a pas encore découvert et continue officiellement à utiliser la bromadiolone provoquant des effets désastreux sur l'ensemble de la faune.

D - Que peut-on faire d’autre pour ces animaux ?

1 - Restaurer leurs milieux

C'est le travail des instances qui s'occupent de la gestion des cours d'eau et des étangs, voire des lacs, mais aussi celui des particuliers qui ont la chance d'avoir des canaux, des étangs ou un peu de rive...


Méandre

Un rivage naturel comporte quatre éléments qui s'étendent de la partie submergée à la zone sèche (beaucoup plus loin qu'on le croit). Les spécialistes désignent ces éléments, la zone littorale, le rivage, la zone riveraine et la zone sèche. Chaque élément joue un rôle crucial dans la préservation de la santé du lac. Mais malgré l'importance de chacune de ces zones, il est essentiel de se rappeler qu'un rivage est une progression naturelle - chaque élément constitutif se fondant dans l'élément contigu d'une façon presque invisible. Lorsqu'on modifie une partie quelconque de ce lieu, on perturbe tout l'ensemble...


Schéma de rivage

Près de 90 % de toutes les espèces animales qui vivent dans ce milieu fréquentent ou habitent le rivage. Les algues flottent librement dans l'eau ou se fixent aux brindilles, aux pierres et aux plantes. La masse d'eau dans la partie littorale est une nurserie, une ménagerie et un lieu d'approvisionnement pour toutes sortes d'espèces animales. Il s'y trouve des aires d'alimentation, des abris ainsi qu'un endroit peu profond et plutôt sécuritaire où les jeunes peuvent se développer. Les plantes aquatiques et les arbres abattus sont d'autres composants essentiels de cet écosystème. Les plantes produisent des matières nutritives grâce à la lumière du soleil, libérant de l'oxygène dans le processus, et servent d'abris à d'autres créatures. Une fois submergés, les arbres abattus servent de refuges. La façon la plus simple de maintenir la zone littorale féconde et en santé est d'y toucher le moins possible.


Rive mal aménagée pour la vie

On peut très facilement aménager une rive en pente douce, 30 degrés maximum à stabiliser avec du jute par exemple ou du géotextile, la végétaliser et surtout ne pas tout tondre. On peut aussi y mettre quelques arbres et arbustes pour que ça donne quelques chose qui ressemble à la photo ci-dessous plutôt qu'à la photo ci-dessus.


Rive favorable à la vie

D'ailleurs ce genre de rive, peu pentue, n'est pas favorable au rat musqué ou au ragondin (pour creuser leurs terriers) ce qui fait d'une pierre deux coups.

2 - Utiliser un minimum de produits chimiques dans le jardin

Dites vous bien de toute façon que les produits chimiques que vous utilisez vous allez les payer 2 ou 3 fois (il faudra épurer l'eau dans laquelle ils s'écouleront forcément...et traiter l'eau avant de la boire : ça fait déjà deux fois).

Dites-vous encore que si ces produits sont toxiques pour les arvicolidés et les muridés ils sont aussi toxiques pour nous et nos enfants : je rappelle que ces petits animaux sont d'excellents modèles pour l'étude des médicaments. Evidemment ceci est valable pour les produits dont il est question dans le chapitre suivant pour les campagnols amphibies mais aussi pour toutes sortes d'autres produits utilisés dans les jardins et les cultures. Il y a bien souvent une manière simple de venir à bout des problèmes sans produits toxiques. Même si on ne peut pas forcément éviter tous les produits, choisissons les au moins ...et utilisons les avec discernement.

3 - Autres mesures

-- Lutter contre les envahisseurs qui sont aussi leurs concurrents ;
-- Obtenir une protection efficace de l'espèce ;
-- Sensibiliser les élus locaux, les aménageurs de berges, les syndicats de digues et autres intervenants dans le système. Concernant une protection efficace une loi existe déjà : il faudrait juste en étendre l'application et surtout l'appliquer strictement, il s'agit de la loi qui protège les rivières où vivent des écrevisses à pieds blancs ;
-- Il faut aussi envisager l'élevage en captivité pour repeupler certaines zones parce que les habitats sont maintenant trop isolés les uns des autres pour permettre de maintenir un échange génétique convenable entre les populations.


Paliers (bas et naturels) ralentisseurs de courant et berges sauvages

Il est vrai que bien des groupes et des associations ont lancé de nombreuses études sur les populations de campagnol amphibie, voir à ce sujet le dernier numéro de la SFEPM (biblio) mais ceci reste des études de terrain et de bureau et non des actions directes de protection. Si ces études se prolongent trop il n'y aura plus de campagnols amphibies avant que la réhabilitation des rives ne soit faite....ou les produits chimiques interdits : où sont les applications du fameux principe de précaution ?