Planète

Le Toarcien et Thouars

Dossier - Tourisme dans les Deux-Sèvres
DossierClassé sous :Voyage , tourisme , Deux-Sèvres

-

Faire du tourisme dans les Deux-Sèvres, c’est découvrir un département plein de charme. Partez dans ce dossier pour une balade en barque le long de la Sèvre, à la visite du marais poitevin, dans un environnement au cœur de la nature.

  
DossiersTourisme dans les Deux-Sèvres
 

Le Toarcien est un étage du Jurassique inférieur (Lias). Ce terme est tiré de Toarcium, nom latin de la commune de Thouars, dans les Deux-Sèvres. Il s'agit d'une référence pour les époques géologiques.

Ammonite. © L. Shyamal, Wikimedia, DP

Le stratotype de référence du Toarcien se trouve à Touars, avec les couches géologiques caractéristiques de cette époque, et, comme c'est une référence internationale, il doit être conservé, au même titre que, par exemple, le fut l'ancien mètre étalon !

Le Toarcien, dernier étage du Lias

Le Toarcien s'étend de 183,0 ± 1,5 à 175,6 ± 2,0 millions d'années. Il s'agit du dernier étage du Lias, aussi appelé Jurassique inférieur. Ce dernier comprend quatre étages :

  • le Toarcien ;
  • le Pliensbachien ;
  • le Sinémurien ;
  • le Hettangien.
Le château des ducs de la Trémoïlle et le pont des Chouans se situent à Thouars, sur le Thouet. © Alertomalibu, CC by-sa 2.5

La commune de Thouars

La commune de Thouars se situe au nord du département des Deux-Sèvres sur un plateau qui domine la rivière nommée le Thouet (affluent de la Loire). Les villes proches (28 à 40 kilomètres) sont Bressuire, Parthenay, Saumur ou encore Loudun.

Le Thouet, en aval de Montreuil-Bellay, près de Saumoussay. © Antonow14, CC by-sa 3.0

Le stratotype du Toarcien

Les anciennes carrières de Vrines, situées 3 km au nord-ouest de Thouars, constituent un site historique majeur de la région. Leur intérêt en stratigraphie (succession des dépôts sédimentaires) est considérable car elles ont été choisies, au siècle dernier, comme affleurement type dont l'âge se situe dans un intervalle de temps de 7 millions d'années compris entre -187 et -180 millions d'années. Ces carrières représentent une référence mondiale (ou stratotype) pour le Toarcien.

Cet étage comprend une formation sédimentaire d'origine marine très riche en fossiles avec plus de 80 espèces d'ammonites, des foraminifères, des ostracodes, des lamellibranches, des gastéropodes.

La succession lithostratigraphique est la suivante :

  • grès ;
  • calcaire bioclastique à oolithes ferrugineuses ;
  • calcaire argileux ;
  • marnes.

Le Toarcien, dont la puissance n'excède pas 6,5 mètres à Vrines, est, du point de vue lithologique, relativement homogène.

Les calcaires gréseux avec des niveaux de galets de quartz sont emballés dans un ciment calcaire (conglomérat). Les sédiments à l'origine de ces roches se sont déposés dans un milieu marin littoral donc peu profond. Ces roches sont datées de l'étage Pliensbachien (de -194 à -187 Ma).

On trouve ensuite des calcaires bioclastiques à oolithes ferrugineuses. L'essentiel de la coupe consiste en une alternance plus ou moins régulière de calcaires argileux et de marnes qui contiennent une faune importante d'ammonites indiquant une sédimentation en milieu marin ouvert profond (jusqu'à 150 m). Ces roches sont rapportées aux étages Toarcien, Aalénien inférieur (de -187 à -176 Ma).

Des formations siliceuses résiduelles datées du Cénomanien (-96 à -91 Ma) sont présentes au sommet de la coupe.

La réserve naturelle du Toarcien

Les roches sédimentaires (grès, calcaires) du site étaient exploitées par de petites carrières, qui en extrayaient des pierres de taille. En 1849, Alcide Dessalines d'Orbigny se servit d'une de ces carrières, à Vrines, pour établir le Toarcien. Ce stratotype fut affiné par Eugène Eudes-Deslongchamps puis par Jules Welsh. En 1962, Jean Gabilly s'en servit pour définir les horizons, basés sur la répartition des faunes d'ammonites.

Le stratotype du Toarcien a été classé réserve naturelle géologique par le décret ministériel n°87-950 du 23 novembre 1987, grâce à la municipalité de Thouars et d'une association d'amateurs : la Société de Géologie et de Paléontologie Thouarsaise Alcide d'Orbigny.

Ces ammonites, photographiées à Thouars, sont des fossiles caractéristiques du Toarcien. © CMPB

Autres gisements du Toarcien en Europe

Il existe d'autres carrières et gisements du Toarcien en Europe :

  • La carrière d'Hauenstein, en Suisse, dans le Jura, présente une couche de la fin du Toarcien où l'on trouve l'ammonite de référence, la Pleydellia aalensis ;
  • La carrière des Ciments Lafarge, à Belmont-d'Azergues (Rhône), est l'un des plus beaux gisements d'ammonites du Jurassique inférieur. Le Toarcien y est fortement représenté avec Hildoceras bifrons qui en est le marqueur ;
  • Le musée géologique de Saint-Jean-des-Vignes; créé par la section géologie-paléontologie des Ciments Lafarge; abrite les plus beaux spécimens dans un cadre très pédagogique.

Les fossiles du Toarcien

Les fossiles du Toarcien les plus fréquents sont les suivants :

  • Brachiopodes : Rhynchonella sp. ;
  • Bivalves : Coelastarte sp., Ostrea sp., Pleuromya sp., Pholadomya sp. ;
  • Bélemnites : Acrocoelites sp., Passaloteuthis paxillosus, Salpingoteuthis acuarius, Dactyloteuthis digitalis (Collection Luis Linares) ;
  • Ammonites : Dactylioceras commune, Harpoceras falciferum, Harpoceras exaratum, Hildoceras bifrons, Pseudogrammoceras fallaciosum, Haugia variabilis, Grammoceras thouarsense, Hammatoceras insigne ;
  • Nautiles : Cenoceras sp. ;
  • Reptiles : Ophtalmosaurus sp. (vertèbre).