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Septième continent de plastique : pistes d'avenir et futur

Dossier - Les déchets plastique en mer, un septième continent ?
DossierClassé sous :Pollution , Environnement , plastique

Chaque seconde, 100 tonnes de déchets (sur les 4 milliards produites annuellement) finissent en mer, dont une grande partie est constituée de matières plastique. Certains n'hésitent pas à parler de « septième continent ». Objets flottants ou microparticules, ces déchets plastique se déposent sur les plages, se dispersent en mer, se retrouvent sur les fonds marins. Quels effets ont-ils sur l’Homme et son environnement ?

  
DossiersLes déchets plastique en mer, un septième continent ?
 

Pourrait-on envisager moins d'emballages plastique de la part des industriels de l'agroalimentaire ou des cosmétiques ? On peut surtout imaginer d'accroître la recherche de nouveaux polymères. Les années à venir devraient favoriser l'utilisation pour les emballages de polymères biodégradables, souvent d'origine naturelle comme l'amidon, la cellulose, l'acide polylactique.

Quel avenir pour le septième continent de plastique ? Parfois, les tortues de mer confondent les sacs plastique avec des méduses. © Aryfahmed, Fotolia

Du plastique biodégradable ?

Les biopolymères, transformés chimiquement, le sont fréquemment pour conserver certaines propriétés et ne sont alors dégradables que dans des unités de compostage industriel. « Pour la mer, il reste l'espoir [de concevoir] des matériaux originaux [...] se dégradant rapidement, sans conséquence [pour l'environnement, tout en gardant leurs propriétés d'usage]. Un prochain prix Nobel pour un plastique dégradable dans l'eau de mer ! » (Galgani F., Poitou I., Colasse L., Une mer propre, mission impossible ? 70 clés pour comprendre les déchets en mer, Éditions Quae, 2013).

Chaque année, des tonnes de plastiques sont dispersés dans l’environnement et particulièrement dans l’océan. Une solution proposée par certains laboratoires serait de remplacer ce dérivé du pétrole par un plastique biodégradable et non toxique. © Euronews

Il est aussi possible d'envisager des bactéries qui s'attaqueraient aux matières plastique, comme celles qui sont capables de dégrader jusqu'au bitume des routes... Une étude originale sur la dégradation de trois classes de plastiques les plus retrouvées en mer — polyéthylène téréphtalate (PET), polyéthylène (PE) et polypropylène (PP) — est en cours au laboratoire d'Océanographie microbienne de Banyuls-sur-Mer (projet PlasticMicro) (observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer et PlasticMicro).

À noter qu'une mission de Tara, « Tara Méditerranée », a été lancée en 2014, avec un volet scientifique sur la « pollution plastique » coordonné par le laboratoire d'Océanographie de Villefranche-sur-Mer (CNRS/UPMC) (quantification et qualification des déchets, étude des polluants organiques).

Un filet manta de 1 mètre de large placé 20 cm sur et en dessous de la surface de l'eau récoltera le plastique derrière Tara sur des sessions de 15 minutes. © A. Deniaud-Garcia, Tara Expeditions

Préserver les océans des déchets marins

Le problème des déchets marins est d'une grande complexité et chacun y a un rôle à jouer. Les scientifiques participent à l'amélioration des connaissances et à l'identification de possibles solutions. L'engagement des politiques est nécessaire pour atteindre plus rapidement les objectifs en matière de gestion des déchets plastique (collecte, tri et traitement). Une attitude citoyenne de « bonnes pratiques » par l'ensemble des industriels concernés (producteurs et utilisateurs de matières plastique) et la participation généralisée de ceux-ci aux actions collectives de prévention devraient permettre une réduction significative des dégâts.

Cependant, comme le déplore François Galgani, « la négligence reste le pire des maux ». L'éducation et la sensibilisation du public sont donc primordiales pour préserver notre environnement, notamment nos océans.