Une des solutions, comme toujours, pourrait se trouver dans des stratégies intégrées multi-activités et multi-espèces. Il a été abondamment prouvé que la mono-espèce, tant en matière végétale qu'animale, ne présente qu'une apparence de productivité à court terme et finit toujours par des désastres écologiques.

C'est le cas des techniques d'aquaponieaquaponie, dans lesquelles on organise des échanges féconds d'eau entre les bassins d'élevage de poissonspoissons (comme le tilapiatilapia, le silure, la perche, la truitetruite, la carpecarpe, l'omble chevalier, etc.) et l'irrigation de légumes et fruits hydroponiques (comme les concombresconcombres, échaloteséchalotes, oignonsoignons, laitues, cressons, choux, piments, radisradis, fraisesfraises, etc.).

Aquaponie : il y a des poissons-chats dans cet aquarium, nourrissant les plantes du dessus, qui nourrissent les vers en dessous, qui nourrissent le poisson-chat. © Ryan Somma, <em>Wikimedia commons,</em> CC 2.0
Aquaponie : il y a des poissons-chats dans cet aquarium, nourrissant les plantes du dessus, qui nourrissent les vers en dessous, qui nourrissent le poisson-chat. © Ryan Somma, Wikimedia commons, CC 2.0

L'aquaponie : un enjeu pour la biodiversité

L'enjeu est de trouver et de maintenir un juste équilibre entre la population de poissons, la nourriture apportée, la population bactérienne et la végétation cultivée. On peut alors espérer produire très intensivement dans un volume de sol et d'eau relativement réduit ; on en est à peine aux balbutiements de ces techniques prometteuses.

Schéma explicatif de l’aquaponie. © Simon Goddek, <em>Wikimedia commons,</em> DP 
Schéma explicatif de l’aquaponie. © Simon Goddek, Wikimedia commons, DP 

Trouver la bonne combinaison pour un cycle vertueux

L'idée est de combiner en quelque sorte la « révolution verte » et la « révolution bleue », à la fois en milieu urbain (ferme urbaine sur les toitstoits en particulier) et rural.

Par exemple, le développement considérable de l'élevage dans les zones tropicales pose d'énormes problèmes écologiques ; littéralement, le bétail mange la forêt tropicale, car l'élevage et l'agricultureagriculture sont deux facteurs très importants de déboisement et de destruction des forêts. Au lieu de continuer à développer un élevage extensif (du genre 1 ou 2 bœufs à l'hectare), on peut parfaitement imaginer, dans des endroits comme l'Amazonie, des petites fermes ultra-productives « horti-pisci-arboricoles ». Autour d'un bassin de 1.000 m2, où l'on peut produire 10 tonnes de poisson par an, on peut faire de l'horticulture très intensive sur la digue et le potager qui l'entourent (sur 2.000 m2), le tout enserré dans une surface équivalente en arboriculture. Au total il a été démontré que sur un demi-hectare on peut produire de manière très écologique de quoi nourrir de façon équilibrée plusieurs familles toute l'année.

L’aquaponie peut aussi se pratiquer de manière « industrielle » dans de véritables fermes. © freepng, DP
L’aquaponie peut aussi se pratiquer de manière « industrielle » dans de véritables fermes. © freepng, DP

Passer de la monoculture à la polyculture et s'approcher d'un écosystème naturel

Une autre idée est d'en rester au pur élevage, mais en faisant cohabiter diverses espècesespèces capables de se nourrir des déchetsdéchets produits par les autres, c'est « l'AquacultureAquaculture Multi Trophique Intégrée ». On passe donc d'une logique de monoculturemonoculture à une polyculture, plus proche de l'écosystèmeécosystème d'origine des animaux élevés, ou plus exactement d'un élevage « en batterie », intensif et polluant, à un élevage « complémentaire », moins intensif et le plus propre possible. On diminue ainsi les déchets organiques dans l'environnement, surtout si en plus on cultive des alguesalgues à proximité, ou des coquillages filtreurs comme les moules ou les huîtres. L'amélioration induit de l'environnement permet de limiter ainsi le stressstress des poissons, ce qui conduit à limiter les intrantsintrants (médicaments et antiparasitaires).

C'est en particulier l'objet du programme de recherche européen IDREEM, qui déploie sur sept sites pilotes des combinaisons innovantes d'élevage : pétoncles, algues, saumonssaumons, daurades, moules et huîtres, pour tenter de développer une filière durable et responsable.