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La Garonne : activités et crues du fleuve

Dossier - Tourisme dans le Lot-et-Garonne
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Découverte du département du Lot-et-Garonne, à travers son histoire, son patrimoine culturel (bastides, moulins) et gastronomique (pruneau d'Agen) et enfin ses cours d'eau (la Garonne et ses affluents).

  
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La Garonne est à l'origine de la formation de deux dialectes en France : le languedocien et le gascon. Elle représentera également une source de commerce en permettant les importations et les exportations, malgré des dégâts dus aux violentes crues. Elle sera ensuite surtout utilisée pour le tourisme fluvial.

La Garonne. © Pistolero, Wikimedia commons, CC by 3.0

La Garonne, fleuve de séparation

Les rives des fleuves, au niveau des gués, constituaient des zones stratégiques. Au temps de la guerre des Gaules, la « Garumna » (de « Garumnite », peuplade des Pyrénées espagnoles) citée par Jules César est une frontière entre les peuples. Sa vocation économique est attestée au VIe siècle par Ausone, Strabon et Alboufeda : du minerai, des peaux, de la laine, du vin... étaient transportés entre Bordeaux et Toulouse ; le fameux isthme de la Gaule.

La Garonne, vue depuis le pont Saint-Projet. © nitot, Flickr CC by nc sa 2.0

Les Barbares ont envahi la région suite à la chute de l'Empire romain. La Garonne sépare alors deux peuples qui vont former deux provinces et créer ainsi deux dialectes occitans. Ce sera le languedocien au nord et le gascon au sud. Agen se développera sur la rive droite, à cause des crues violentes et malgré des essais de construction de ponts, on échoua, la puissance des eaux emportant les ouvrages.

La Garonne, fleuve de crues et d'activités

À l'époque du Moyen Âge, la Garonne se distinguait par ses moulins à nef, bateaux amarrés au port supportant deux roues entraînées par le courant qui actionnaient une meule, produisant une farine qui faisait la réputation de la ville.

Au XVIIe, le fleuve servait à l'importation, depuis la ville de Bordeaux, de sucreépices et produits de la mer. Côté exportations, c'étaient du tabac, du vin et de la farine. « La corporation des mariniers occupait une place privilégiée dans ce commerce fluvial. Jusqu'au début du XXe, ils utilisaient des miolles, des sapines, des gabares, embarcations à fond plat et de faible tirant d'eau, longues d'environ 20 m, adaptées à l'étiage du fleuve. Les barques de poste, au nombre de 11 en 1850, nous rappellent que le fleuve était compétitif en matière de transport des voyageurs. En effet, la liaison avec Bordeaux s'effectuait en trois jours, soit deux fois plus rapidement que par la route. » (Extrait du site Internet de l'Office de tourisme d'Agen)

La pêche témoigne de la richesse du fleuve : alose, anguille et lamproie.
Les alluvions favorisaient une production agricole de qualité : les crues, régulières et dévastatrices, amenaient le limon, mais elles ont marqué la mémoire collective.

Les berges étaient l'objet de réaménagements perpétuels et les chemins de halage devaient être remis en état après chaque désastre, mais la batellerie agenaise, concurrence du chemin de fer, a dû abandonner le fleuve qui n'est plus navigable. Pour une petite histoire de la navigation fluviale, consultez le site Pnich.

Le canal latéral à la Garonne

  • Longueur : 211 km entre Toulouse et Castets en Dorthe 
  • Nombre d'écluses : 53
  • Profondeur : 2,20 m
  • Largeur : 17 m
  • Tirant d'eau : 1,80 m
  • Tirant d'air : 3,50 m
Canal latéral : entre Bordeaux et Agen. © DR

Percé de 1839 à 1856 entre Toulouse et Castets en Dorthe, il complète le Canal du Midi pour constituer le Canal des Deux Mers reliant la Méditerranée à l'Atlantique. Lorsque l'ouvrage de Pierre Paul de Riquet fut achevé entre Sète et Toulouse par Vauban en 1681, ce dernier avait dans l'idée de continuer en direction de l'Atlantique. Il s'agissait de relier la Méditerranée à l'Océan sans contourner la péninsule Ibérique, voyage long et périlleux. Mais les fastes de Louis XIV avaient vidé les caisses...  Il fallut attendre 1839 que le gouvernement décide de commencer la construction qui dura 17 ans.

En 1839, la construction du canal latéral à la Garonne est reprise, elle sera terminée en 1856. © Domaine public

Malheureusement, le canal fut achevé au même moment que la ligne ferroviaire Bordeaux-Sète et, entre 1850 et 1893, le fret avait diminué des deux tiers. C'est grâce au tourisme fluvial que le trafic connaît un renouveau.