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Le Bourbonnais, côté nature

Dossier - Randonnée dans l'Allier
DossierClassé sous :géographie , forêt du Tronçais , chêne

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L'histoire et la superficie du département de l'Allier correspond à celle du duché de Bourbon, c’est un des aspects de ce dossier, nous parlerons aussi des eaux de Vichy et de la forêt de chênes du Tronçais une des plus belles de France.

  
DossiersRandonnée dans l'Allier
 

Le bocage occupe un tiers du département, il est remarquable pour sa richesse en forêts et bois, dont la célèbre Forêt de Tronçais, mais aussi les forêts de Moladier, Bagnolet, Civrais, Soulongis, Grosbois, Dreuille, Lespinasse ou la Suave.

Gland de chêne vert. © Sweetaholic, Pixabay, DP

Sur presque tout le sud du bocage s'étend la Combraille, Haut Bourbonnais, zone du département qui culmine à 778 m à la Bosse, et dont les rivières ont creusé les gorges les plus pittoresques de l'Allier.

La sologne du Bourbonnais présente un équilibre entre prairies, cultures, bois et étangs, compromis entre agriculture et espaces sauvages.

La montagne, dès le Puy Saint-Ambroise (442 mètres), près de Saint-Léon, s'affirme sur le massif de l'Assise et des Bois Noirs et le Puy de Montoncel (1.287 mètres) est le point culminant de l'Allier.

La limagne nommée ici Val d'Allier, la Limagne et la Forterre s'étendent de part et d'autre de la rivière.

Strates forêt

- La forêt de Tronçais, présentée par l’ONF

Le nom de Tronçais dériverait de « tronce », ancien nom du chêne rouvre. La forêt de Tronçais, par son étendue et par la qualité de ses bois, est connue comme la plus belle futaie de chênes d'Europe. Les forestiers s'y activent pour guider, canaliser la vitalité de la végétation et façonner, génération après génération, ces fûts irréprochables d'où sortiront les douelles de tonneaux qui font sa réputation.  

Carte du Tronçais © ONF

La forêt domaniale de Tronçais constitue dans le bocage bourbonnais un massif compact d'une superficie de 10583 ha. Elle occupe une position centrale en France, à proximité de Moulins, Nevers, Montluçon et Bourges. Le relief est peu accusé et le climat est de type continental à influence océanique.

On ne peut parler de la forêt de Tronçais sans évoquer l'histoire des hommes qui depuis des siècles l'ont patiemment modelée, pour en faire aujourd'hui cette immense cathédrale de verdure. Un sentier suit les détours des rives des étangs et vous entraîne dans les lieux les plus sauvages de la forêt.

Au début du siècle, l'Administration des Eaux et Forêts y réintroduisit des cervidés. Aujourd'hui, la population des grands cervidés s'est largement multipliée et s'est étendue dans le bocage et les forêts avoisinantes.

Les meilleurs bois se trouvent sur les stations de type chênaie-charmaie à hêtre, la qualité diminuant rapidement lorsque l'acidité des sols augmente et que l'eau diminue.

Chêne du Tronçais © Allier- tourisme

- Quelles sont les caractéristiques de la sylviculture à Tronçais? elle vise à obtenir des arbres
- droits,
- de grosse dimension (diamètre supérieur à 50 cm - 1 m et plus), 
- à accroissement régulier, 
- à bois tendre fournissant des billes sans défaut,

Ces arbres sont recherchés pour le tranchage, l'ébénisterie, la menuiserie et la fabrication des merrains.  Les arbres qui ne satisfont pas à ces critères sont utilisés pour : 
- le bois de chauffage, 
- le bois de palette, 
- les petits sciages ou les plots

- Quelques chiffres clés

Le chêne représente 80 % du volume commercialisé à Tronçais. Les prix de vente obtenus aux grandes ventes d'automne de 1993 à 1995 sont supérieurs de 15 à 20 % à ceux des autres forêts domaniales de l'Allier.
La production de grumes à merrain est estimée à 16 500 m3 pour l'Allier, dont 10 000 m3 pour Tronçais.

- Le chêne de la Résistance : À l'automne 1940, le maréchal Pétain vint à Tronçais visiter la futaie Colbert. Il marqua du marteau de l'État un chêne de quarante mètres qui devint dès lors le chêne Pétain. À la Libération, il fut clandestinement rebaptisé chêne Gabriel-Péri, du nom du député qui fut dénoncé aux Allemands et fusillé en 1941. Cet arbre est maintenant officiellement appelé chêne de la Résistance.

- La forêt et ses principales essences :

Chêne rouvre © Wikipedia

le chêne rouvre (syn. chêne sessile, 73%),
le hêtre (9%),
le chêne pédonculé (8%).
Sont présents aussi le charme, et le pin sylvestre dans les sols les plus pauvres.
L'exploitation de la futaie se fait avec une « révolution » de 200 à 300 ans, 250 ans en moyenne.

- Histoire :

La création de la futaie de chêne de Tronçais remonte à Colbert qui en organisa le réaménagement en 1670. Colbert, désireux de doter le royaume de France d'une marine puissante avait décidé de planter plus d'un million d'hectares d'arbres qui fourniraient à l'industrie navale une matière première de grande qualité. La forêt fut dégradée par la suite pendant la Révolution et les forges de Tronçais (1788) alimentées au charbon de bois. Elle fut régénérée au XIXe siècle.

Colbert

La « futaie Colbert », relique de la futaie originelle, dont il reste quelques hectares, comprend des sujets dont certains ont plus de 300 ans, voire plus. La forêt de Tronçais a souffert encore récemment :
- la sécheresse de 1976, suivie d'une attaque parasitaire
- la tempête des 6 et 7 novembre 1982.
- la tempête des 26 et 27 décembre 1999.

Il existe depuis 2004, une réserve biologique intégrale à Nantigny.

- Liste des chênes classés (Source wikipédia) :

-- Chêne carré (circonférence : 6,44 m, âge : 370 ans)
-- Chêne Émile Guillaumin (circ. : 3,80 m, âge : 350 ans)
-- Chêne jacques Chevalier (circ. : 4,70 m, âge : 370 ans)
-- Chênes jumeaux (circ. : 4,10 et 4,50 m, âge : 400 ans)
-- Chêne Louis-Phillipe (circ. : 4,60 m, âge : 350 ans)
-- Chêne Montaloyer (circ. 5,48 m, âge : 400 ans)
-- Chêne de la résistance (circ. : 3,60 m, âge : 350 ans)
-- Chêne Saint-Louis (circ. : 6 m, âge : 450 ans)
-- Chêne Sentinelle (circ. 6,55 m, âge : 475 ans)
-- Chêne Stebbing (circ. 4,60 m, âge : 350 ans)

- Les fontaines (source wikipédia) On en trouve environ 40 fontaines appelées fonts, avec, à proximité de certaines d'entre elles, des sites préhistoriques.

-- la font de Viljot,
-- la font du grand gué (site gallo-romain),
-- la font Jarsaud,
-- la font de Tronçais,
-- la font des Porchers.

- Les étangs (Source wikipédia)

-- L'étang de Saint-Bonnet-Tronçais, 45 hectares, au nord ouest. Il fut relié à la Sologne par le canal du Grillon.
-- L'étang de Saint-Bonnet est  voué à une triple vocation : sportive, récréative et scientifique. Il est inscrit à l'inventaire des sites depuis le 1er février 1934.
L'étang de Tronçais à été créé en 1789 afin de fournir de l'énergie à la forge de Tronçais.
-- L'étang de Pirot a été créé pour alimenter en eau le canal de Berry en 1850.

- Le chêne, quelques indications botaniques : Le genre Quercus L. 1753

1/ Quercus L. sous-genre Cyclobalanopsis
Arbres, rarement arbustes, persistants.
Ecorce du tronc lisse, rarement sillonnée.
Bourgeons ovoïdes, (coniques, ou ellipsoïdes), à écailles imbriquées.
Stipule extrapétiolaire.
Feuilles insérées en spirale.
Fleurs mâles pendantes, en grappes
Fleurs femelles solitaires, sur un rachis érigé
Fruit : akène (gland), plus ou moins enfermé dans une cupule ; 1 par cupule, l'ovule avorté persistant à côté du gland
Cupule solitaire ; écailles en verticille, soudées, en anneaux concentriques.
Germination hypogée.
150 espèces, surtout en Asie tropicale et subtropicale

2/ Quercus L. sous-genre Quercus Hickel et Camus
Arbres ou arbustes persistants ou caduques ; monoïques ;
Poils de 2 types :
- dans le type simple, ou non ramifié, les poils sont glandulaires et orangés
- dans le type étoilé, les poils sont non-glandulaires, blanchâtres;
Rameaux très tomenteux avec poils simples ou étoilés, puis glabrescents, bruns ;
Bourgeons terminaux ovoïdes, à écailles imbriquées et à tomentum dense ;
Feuilles alternes, lobées à entières, fines à coriaces, à bords entiers ou dentés, parcourues de nervures secondaires plus ou moins parallèles s'étendant jusqu'au bord du limbe ou anastomosées avant le bord ; insérées en spirale; nervures peu saillantes sur le dessus, très saillantes dessous ; limbes glabres ou pubescents (face inférieure), à poils simples ou étoilés; stipules à l'extérieur du pétiole,
Inflorescences mâles en chatons à l'aisselle des feuilles de la base du rameau, souples, simples, à bractées droites, caduques et très tomenteuses
Inflorescences femelles à l'aisselle des feuilles de l'extrémité du rameau, apparaissant après les inflorescences mâles; bractées droites, pointues, pubescentes, caduques ;
Le fruit est un akène, ou gland, enfermé dans une cupule ;
Cupule en bol ou en soucoupe, pédiculée ou sessile, recouverte d'écailles
Gland ovoïde, à extrémité arrondie ou conique, avec ou sans mucron ; maturité annuelle ou bisannuelle.

Le genre Quercus est sans nul doute le genre de plantes ligneuses le plus répandu dans l'hémisphère nord. Historiquement, les chênes ont été une importante source de combustible, de fourrage et de matériaux de construction.
L'écorce et les feuilles ont aussi fourni des tannins.  Les glands ont été consommés par les hommes, mais actuellement c'est surtout pour les animaux tant domestiques que sauvages qu'ils présentent un intérêt.

Parmi les caractères botaniques permettant l'identification, il faut surtout signaler les poils foliaires. La plupart peuvent être identifiés correctement à partir de feuilles adultes attachées à un rameau portant des bourgeons matures.

La maturation annuelle ou bisannuelle du gland est un caractère permettant de différencier d'importants groupes parmi les chênes :

- tous les chênes blancs d'Amérique du Nord sont à maturation annuelle ;
- tous les chênes du groupe Protobalanus sont à maturation bisannuelle ;
- la majorité des chênes "rouges" sont à maturation bisannuelle sauf une espèce de l'est de l'Amérique du Nord et quelques-unes de l'ouest :
Si les glands sont tous de la même taille et se trouvent seulement sur la pousse de l'année, la maturation est annuelle.

L'hybridation des différentes espèces de chênes est bien connue.

Schéma fagacées

Légende :

-- Extrémité du rameau en hiver : a bourgeon terminal - b,c,d bourgeons axillaires

-- Extrémité du rameau au printemps

1 rameau de l'année précédente
2 rameau portant un chaton femelle : développement du bourgeon b
3 fleur femelle
4 rameau feuillé : développement du bourgeon a
5 bourgeon axillaire
6 feuille simple lobée sans pétiole (Chêne pédonculé)
7 chatons de fleurs mâles provenant des bourgeons c et d

-- Fleur mâle isolée

1 sépales rubanés
2 étamines

-- Fleur femelle fécondée, vue en coupe

pas de pétales
1 pistil
2 stigmates
3 styles
4 ovaire
5 ovule
6 sépale
7 cupule

-- Gland coupé : akène entouré d'une cupule
1 restes des stigmates
2 plantule
3 cotylédons au nombre de deux
4 tégument de la graine
5 paroi du fruit
6 cupule