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Le parc naturel régional du Gâtinais français

Dossier - Le bassin Parisien
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Le Bassin parisien est une des grandes régions naturelles de France. Il occupe le centre de la moitié Nord du pays, la géologie en est particulière, la craie est rare, en effet… la nature y est belle aussi et des « coins » peu connus invitent à la découverte !

  
DossiersLe bassin Parisien
 

Parmi les zones protégées sur le plan naturel, c'est un grand parc de la région. Voir liste de l'INPN à la fin de ce paragraphe.

Il s'étend sur 63.700 hectares, couvre 57 communes (28 en Essonne et 29 en Seine-et-Marne) et 7 Communes "associées" représentant 72.411 habitants. La maison du parc se trouve à Milly-la-Forêt.

L'appellation "Gâtinais français" a une double explication : tout d'abord géologique, puisque ce territoire tirerait son nom des terres sablonneuses qui le composent, les "gâtines", propices aux clairières et aux landes, mais aussi historique, car il correspond à une partie de l'ancien Royaume de France...

Région d’Achères
  • Les espaces cultivés et naturels s'imbriquent ;
  • Les clairières et forêts se côtoient ;
  • Le sable alterne avec les vallées sèches ;
  • Le grès rend parfois l'horizon chaotique.

Une série d'alignements parallèles de sables et grès orientés du nord-ouest au sud-est constituent un réseau de crêtes et de buttes rocheuses et boisées.

Milly-la-Forêt

Le réseau hydrographique, affluent de la Seine, comprend trois rivières principales : la Juine, l'Essonne et l'Ecole.

L'occupation des sols :
- 55 % de terres agricoles ;
- 33 % de bois et forêts dont 20 % de forêt publique ;
- 8% d'urbanisation ;
- 3 % de milieux naturels ouverts (platières gréseuses, pelouses calcicoles, landes, marais et tourbières) ;
- 1 % de parcs et jardins. 

Les franges de la Forêt de Fontainebleau, le Massif des Trois-Pignons, la Forêt des Grands-Avaux constituent l'essentiel des forêts du Parc. Mais on trouve les bois et forêts le long des cours d'eau, sur les coteaux, les buttes et platières de grès et sur les sols calcicoles (calcaires) avec des espèces remarquables comme l'Amélanchier à feuilles ovales et l'Alisier de Fontainebleau.

Forêt Fontainebleau

Les platières gréseuses, spécifiques au territoire du Parc et au massif de Fontainebleau, sont des plateaux de grès de Fontainebleau, avec quelques affleurements de calcaires d'Etampes.

Elles abritent les landes de bruyères et de callunes, milieux de prédilection de l'Engoulevent d'Europe et de la Fauvette pitchou, et les mares de platières, temporaires, acides, alimentées par les eaux pluviales, où se développent la Renoncule à fleur en boules, la Crassule de Vaillant... et des amphibiens et même un crustacé quasi-endémique : l'étrange Tanymastix stagnalis (voir ci-dessous), capable de stopper sa croissance quand la mare est sèche et de la reprendre à la première goutte de pluie ! Les chaos rocheux, accumulateurs de chaleur sont favorables à une flore et à une faune thermophile.

Guêpier d'Europe

Cours d'eau et zones humides (l'eau de surface est rare dans le Gâtinais), milieux où l'empreinte de l'homme est marquée : jardins, haies... clochers d'église, granges, vergers, carrières (nidification de l'Hirondelle de rivage et surtout le Guêpier d'Europe) espaces agricoles, toutes ces belles ambiances paysagères sont très vulnérables et subissent le développement contemporain : tourisme de masse et villages "dortoirs", mécanisation...

Le Gâtinais français avait donc la vocation d'être un Parc naturel régional, en tant que territoire rural fragile et menacé, au patrimoine naturel remarquable. Vous pouvez télécharger « L'Abeille du parc » qui vous tiendra au courant des événements qui s'y déroulent.

A - Un peu de géologie :

  • Il y a 65 millions d'années, la mer du Crétacé quittait la région  en laissant d'épaisses couches de grès.
  • Il y a 55 millions d'années, des argiles parfois sableuses étaient apportées par un ensemble fluvial en provenance du Massif central.
  • Puis, entre -50 et -45 millions d'années, la mer envahit de nouveau la région. Elle dépose alors des formations calcaires. Ce type de dépôts se poursuit jusqu'à -35 millions d'années.

Au Stampien moyen, entre -34 et -28 millions d'années, se développe un nouvel épisode marin qui a déposé les sables de Fontainebleau. Les rides très marquées dans le paysage subissent une grésification, due à des variations du niveau de la nappe phréatique ; elle est à l'origine des chaos de grès. Dans les chenaux se déposent les calcaires lacustres d'Etampes.
 
Après ces épisodes sédimentaires de grande ampleur, des périodes d'érosion se généralisent. Ces phases  prennent une ampleur maximale au quartenaire la mise en place du réseau hydrographique. Des zones humides se développent qui sont à l'origine des accumulations tourbeuses. Pendant ce temps, des limons recouvrent les plateaux.

B - Le stratotype du Stampien

A Bouray, nous retrouvons, sur le haut, les sables et les grès de Fontainebleau. Les versants sont composés de chaos de grès. Aux pieds des coteaux, se trouvent des dépôts de pentes, puis du calcaire et argile à meulière de Brie. Ces deux dernières couches sont recouvertes d'alluvions. Ces alluvions sont tourbeuses.

La vallée de la Juine, en position littorale, a donc été le siège de variations de dépôts très importants c'est devenu le stratotype du stampien.
 
Le stratotype du Stampien est constitué des sites d'Auvers St George, Morigny Champigny, Pierrefite et Ormoy la Rivière, communes proches de Bouray. Leur intérêt pédagogique et historique a incité à la création d'une réserve géologique éclatée en six sites qui permettent d'observer la totalité des dépôts stampiens.

C - Un peu de zoologie

Tanymastix stagnalis se trouve en France, ainsi que les espèces Chirocephalus diaphanus et Branchipus schaefferi. Elles font partie du groupe des Anostracés (crevettes primitives).

Ce sont des Crustacés très particuliers de nos mares temporaires. Ce sont des branchiopodes, donc des animaux aquatiques possédant plusieurs paires de pattes aplaties qui leur servent à la fois à nager, à se nourrir et à respirer. Ces mares temporaires peuvent être des ornières ou des prés inondés, même profonds de quelques mètres, le seul impératif est que le milieu soit complètement asséché régulièrement. Ce sont des espèces en péril parce que leurs biotopes disparaissent à cause de l'assèchement définitif des milieux par les agriculteurs, populiculteurs ou promoteurs, ces mares n'ayant aucun intérêt économique.

Tanymastix stagnalis

Les œufs peuvent rester plusieurs mois ou années dans une épaisse coquille hérissée de pointes et assez dure pour résister aux agressions mécaniques qui peuvent survenir et aussi contre les agressions chimiques : ils peuvent résister au transit intestinal d'un canard ! Le développement embryonnaire y est très réduit, les conditions pourraient être fatales à un embryon bien développé. Cette coquille prévient donc le dessèchement qui peut être de longue durée mais n'est pas forcément nécessaire à l'éclosion.

-- Le stade larvaire I : si la température descend (30 jours à 4° par ex.) l'enveloppe de la larve étant sensible au stimuli d'éclosion, induit une modification de la pression osmotique qui permet la rupture de la coque. En effet ces œufs pouvant résister à des très basses températures, même à la congélation, la présence de glycérol peut intervenir dans la modification de la pression osmotique en cas d'humidité. Ce stade existe toujours mais il peut être très bref.

Anostracés sp

-- Le développement du stade larvaire II dépend du taux d'oxygène et de la salinité (si la salinité diminue, il y a plus d'eau libre !)

-- La croissance : plus l'organisme est jeune plus il grandit vite mais quand l'individu doit investir dans la reproduction elle s'arrête. Le temps de croissance est ainsi plus court si la température est élevée, à cause des risques d'assèchement, ceci signifie que les anostracés peuvent avoir une taille variable à leur maturité sexuelle. La quantité de nourriture modifie peu ou pas le taux de reproduction : il faut pondre beaucoup, quelles que soient les circonstances...il y a de nombreux prédateurs d'une part (notonectes, dytiques...) et l'assèchement peut survenir brusquement.


Liste de l’INPN concernant l’Ile de France

FR3800007 Alisiers du plateau d'Avron

FR3800633 Aqueduc de la Vanne

FR3800495 Bois de Bernouille

FR3800016 Bois de la brume et mare de Tornibus

FR3800594 Bois des Belles Vues

FR3800018 Carrière de Nointel

FR3800589 Carrières dites de la Rue Jaune à Puiselet

FR3800494 Coteau de Tréchy

FR3800592 Coteaux calcaires de la Grande-Paroisse

FR3800014 Etang de Beaubourg

FR3800590 Etangs de Baleine et Brûle-doux

FR3800418 Glacis du fort de Noisy-le-sec

FR3800008 Héronnière de Gravon

FR3800012 Héronnière des Motteux

FR3800010 Ile de Thérouanne

FR3800499 La Fosse aux Carpes

FR3800591 La Noue Notre-Dame

FR3800003 La Roche cassée

FR3800005 Le Bout du monde

FR3800015 Le Carreau franc

FR3800002 Le Coteau des vignes

FR3800001 Le Grand marais

FR3800004 Le Haut Planet

FR3800593 Marais alcalins de la Grande Paroisse et de Vernou

FR3800321 Marais de Brignancourt

FR3800417 Marais de Fontenay-le-vicomte

FR3800009 Marais de Lesches

FR3800017 Marais de Stors

FR3800013 Marais d'Episy

FR3800006 Mares du plateau d'Avron

FR3800634 Mur du Grand Parquet

FR3800320 Plaine de Sorques

FR3800011 Plan d'eau de la Bachère

FR3800496 Plan d'eau des Olivettes

FR3800500 Plans d'eau de Cannes-Ecluse

FR3800588 Platière de Meun

FR3800497 Rû de Saint-Lubin

FR3800498 Rû de Theuville