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Jean de Joinville

Dossier - Aube : de Troyes à Renoir
DossierClassé sous :géographie , aube , Moyen Âge

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Nous allons tout d'abord découvrir la ville de Troyes et son patrimoine remarquable, et nous nous intéresserons ensuite à trois personnages très différents. Deux appartiennent à la même époque : Jean de Joinville et Bernard de Clairvaux ils ont marqué l’histoire de France, le troisième, plus près de nous, en a marqué la peinture, ce sera Renoir.

  
DossiersAube : de Troyes à Renoir
 

Jean, sire de Joinville vécut au XIIIe. Il a écrit l'Histoire de saint « Loys, IX du nom, roy de France ». Joinville, jeune, fut attaché à Thibaut IV, comte de Champagne.

Présentation de l'ouvrage de Jean de Joinville au roi Louis le Hutin. © Jean de Joinville, Wikimedia commons, DP

En 1245, lorsque la croisade fut publiée, il engagea ses biens et partit avec dix chevaliers qu'il ne put plus payer à Chypre : il dut demander à Louis de les prendre à sa solde, ce fut le début d'une grande amitié avec le roi. Joinville combattit et partagea la captivité du roi en Egypte, il le suivit en Syrie.

De retour et jusqu'à la deuxième croisade de saint Louis, il vécut à Paris et en Champagne.

Sous Philippe-le-Bel, successeur de Louis IX, Joinville se joignit aux mécontents d'un système injuste d'impôts.

En 1315, Louis-le-Hutin ayant  sommé la noblesse de le rejoindre à Arras pour combattre les Flamands, Joinville répondit à cet appel quoique âgé de plus de quatre-vingt-douze ans.

Ce fut sur la demande de Jeanne de Navarre, femme de Philippe-le-Bel, et mère de Louis-le-Hutin, qu'il composa ses Mémoires.  La date vraisemblable de sa mort est 1317.  

Etats chrétiens au Proche Orient © Wikipedia

M. Levesque de La Ravalière porte le jugement suivant sur Joinville :

... Egalement estimé des gens de lettre, des militaires et des ecclésiastiques, il mérita la réputation qui lui survit depuis tant de siècles. Il fut grand et robuste de corps ; il eut l'esprit vif, l'humeur gaie, enjouée, l'âme et les sentiments élevés. Il apprit de Saint Louis, avec qui il avait demeuré six ans dans la Terre Sainte, à aimer la vertu et à fuir le vice ; il fit de ce principe la règle de sa conduite. Moins courtisan du saint roi qu'admirateur sincère de ses vertus et attaché à sa personne, il le respecta et l'honora véritablement sans le flatter dans ses humeurs et ses petits défauts, comme on le voit en quelques endroits de son histoire. Joinville, à un siège, à une bataille bravait la mort ; l'honneur et le devoir le rendaient intrépide. A d'autres occasions où il n'était pas soutenu par de grands mouvements, ce n'était plus le même homme.

Les Sarrasins, dont il était prisonnier, menacent de le faire mourir ; il se voit au moment de périr ; la frayeur le trouble si fort, qu'il ne sait ce qu'il fait ni ce qu'il dit. Tel est l'homme faible ou courageux à l'occasion.

Joinville haïssait trop le mensonge et les bassesses pour savoir plier. Après qu'il eut perdu Saint Louis, il préféra vivre en grand seigneur à sa terre, plutôt qu'à l'honneur d'être confondu à la cour ; et pour cette raison il rechercha avec moins d'empressement l'amitié des rois successeurs de Saint Louis ; il se tint avec eux dans les bornes du devoir. Par un hasard fort rare, il en vit régner six : Louis VIII, Louis IX, Philippe III, Philippe IV, Louis X et Philippe V. A leur avènement à la couronne, il ne s'empressa point, tandis qu'il fut en faveur, de demander des grâces, du bien, des dignités. Content de son rang et de sa fortune, il conserva la place de ses ancêtres, et il n'augmenta son domaine que par deux mariages.

Il transmit à sa postérité et aux hommes que l'ambition et l'amour des richesses n'aveuglent pas, des préceptes à suivre et un exemple à imiter. Il ne fut pas sans défaut ; je ne dois pas le dissimuler. Il était peu touché de la religion dans sa jeunesse ; il aima le vin. Saint Louis le corrigea de son incrédulité et de l'ivrognerie. Il passa à une autre extrémité pour la religion ; il devint crédule et superstitieux : les contradictions, les refus de ce qu'il demandait l'aigrissaient ; il s'emportait aisément. Homme enfin, il eut des vertus et des défauts, et comme les vertus furent en plus grand nombre que les défauts, il mérita d'être mis au rang des grands hommes....

D'après un article paru en 1836.