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Dossier - La sauvegarde de Venise
DossierClassé sous :développement durable , venise , projet Mose

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Y-a-t-il des alternatives au projet Mose pour la sauvegarde de Venise ? L'équipe municipale qui administre la ville de Venise comprend une vaste coalition allant du centre-gauche à l'extrême gauche. Par contre, le gouvernement italien actuel (présidé par Silvio Berlusconi), de même que la région de Vénétie, sont soutenus par une coalition allant du centre-droit à l'extrême droite. Gouvernement et Région sont favorables au projet MOSE.

  
DossiersLa sauvegarde de Venise
 

L'équipe municipale qui administre la ville de Venise comprend une vaste coalition allant du centre-gauche à l'extrême gauche. Par contre, le gouvernement italien actuel (présidé par Silvio Berlusconi), de même que la région de Vénétie, sont soutenus par une coalition allant du centre-droit à l'extrême droite. Gouvernement et Région sont favorables au projet MOSE.

L'actuel maire de Venise (Paolo Costa) est aussi personnellement favorable à ce projet. Les autres partis de la majorité municipale de Venise, de même que d'autres mairies lagunaires, sont par contre défavorables au projet, à cause de ses impacts négatifs sur l'environnement et du fait qu'il ne résout pas les déséquilibres hydrodynamiques et sédimentologiques actuels dans la lagune.

Venise - © Nasa

Une loi spéciale italienne, datant de 1973, attribue le pouvoir de décision concernant la sauvegarde de Venise et de sa lagune à un comité comprenant des représentants de plusieurs ministères italiens, de la région de Vénétie et des communes lagunaires. Ce large comité, qui se réunit de manière irrégulière (environ une fois par an), est généralement appelé le « Comitatone ».

Avant la dernière réunion du Comitatone, la mairie de Venise avait adopté une position de compromis qui conditionnait son accord pour le projet MOSE à l'acceptation de 11 points. Ces conditions impliquent, entre autres, la mise en place d'interventions « douces », destinées à écrêter les marées les plus élevées. Les interventions douces envisagées sont la diminution de la profondeur des passes et la pose d'obstacles afin de ralentir la propagation de la marée et des surcotes vers la lagune et l'étude de structures amovibles pouvant fermer temporairement les passes (les structures du MOSE ne seraient pas amovibles).

Lors de sa réunion du 3 avril 2003, le Comitatone a décidé, contre toute attente, d'accepter toutes les conditions posées par la mairie de Venise, de même que celles, allant dans le même sens, demandées par d'autres mairies lagunaires, mais aussi de commencer, en même temps, le projet d'exécution du MOSE.

Venise, canaux et lagune - L'organisation des parcours piétonniers par acqua alta de 1,10 mètre de hauteur - © Ifremer

De ce fait, le projet d'exécution des écluses (qui présume une détermination précise de la profondeur finale des passes), devrait être effectué, de manière plutôt contradictoire, en même temps que des travaux pour la diminution de profondeur de ces mêmes passes (diminution qui reste, elle, à déterminer d'après des essais non encore commencés).

Entre-temps, le Consorzio Venezia Nuova (consortium d'entreprises italiennes auquel le gouvernement italien avait attribué, jusqu'à très récemment, le monopole de l'ensemble des études et des travaux pour la sauvegarde de la lagune), commençait la construction, au large de la passe de Malamocco, d'une nouvelle digue. Les travaux pour cette digue, censée protéger contre la houle une écluse de navigation qui n'existe pas encore, ont été commencés malgré l'avis défavorable de la mairie de Venise et de diverses associations de sauvegarde de la lagune.