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Dossier - Le projet "Eden Again" en Irak
DossierClassé sous :développement durable , botanique , marais

David Bismuth

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Faire revivre les marais irakiens : En mai 2003, les troupes alliées anglo-américaines qui ont libéré l'Irak ont commencé à ouvrir les vannes des digues pour réalimenter les marais de Mésopotamie asséchés par l'ancien régime. Ces marais constituaient la plus vaste zone humide du Moyen-Orient et d'Eurasie Occidentale (UNEP 2001, Maltby 1994, Nicholson et Clark 2002) et jouaient un rôle clef sur la voie intercontinentale de migration des oiseaux migrateurs

  
DossiersLe projet "Eden Again" en Irak
 

L'ITAP a recommandé que les efforts de restauration se mettent en place d'une façon progressive, en s'appuyant sur les informations disponibles sur des projets analogues, une fois que seraient obtenus l'accord des autorités irakiennes, les financements et les appuis locaux.

Les marais de Mésopotamie peuvent être divisés en trois entités distinctes, mais contiguës : les marais Hawizeh, les marais centraux et les marais Hammar.

Evolution du déssèchement des marais

L'ITAP a d'abord étudié les possibilités de la restauration d'un point de vue géographique. L'objectif était de déterminer si certains secteurs répondraient mieux au retour de l'eau et/ou seraient plus importants d'un point de vue écologique, économique ou socioculturel.

Pour chacun des scénarios proposés, des projets ont été conceptualisés, afin de permettre une mise en oeuvre rapide après consultation des responsables. Les projets ayant le plus de chances de produire des résultats écologiques positifs rapides après restauration ont été identifiés, afin d'encourager dans le futur la poursuite des efforts sur d'autres zones.

La quantité d'eau disponible déterminera la superficie et la nature des projets pouvant être mis en œuvre. Si les flux sont faibles et à distribuer sur de grandes surfaces (comme par exemple la superficie initiale des marais), l'eau sera en grande partie perdue par évaporation et ne pourra pas créer des marais permanents. La reconstitution de secteurs plus petits imiterait les processus d'inondation naturelle et sera plus efficace.

  • Les marais centraux
En vert, situation avant 1980 des marais de Mésopotamie (Irak). Les marais Centraux ont été asséchés depuis de nombreuses d'années. Les objectifs de restauration de ce secteur région seraient de nettoyer graduellement les sels accumulés dans le passé du fait de l'évaporation et de permettre à certains secteurs de redevenir progressivement des écosystèmes d'eau douce.

La stratégie implique l'identification d'un secteur relativement limité, comme un ancien lac ou un ancien marécage et de le partager en trois compartiments en utilisant les barrages et les levées existants. L'eau serait libérée dans la partie où les sols sont les moins contaminés. Après que l'eau soit passée par le premier compartiment, elle serait déviée vers la rivière qui diluerait les polluants. Ce processus pourrait être mis en œuvre pendant plusieurs mois ou plusieurs années par site , selon la qualité et la quantité d'eau disponible.

  • Les Marais Hammar

La solution dans ce secteur est de créer un flux d'eau à travers les marais au nord de l'ancien lac Hammar. Pour cette zone, l'ITAP recommande de ne pas alimenter directement l'ancien lac car des photographies aériennes suggèrent qu'il est maintenant recouvert d'une croûte de sel. Des levées et des barrages seraient construits pour contenir l'eau au nord du lit asséché du Hammar pour créer un flux dans les marécages qui reconnecterait ce secteur au Golfe Persique par l'intermédiaire du Shatt-Al-Arab ou de l'Euphrate, selon la disponibilité en eau. Une telle solution reconstituerait un couloir de migration d'eau salée utilisable par les poissons d'estuaires et les crevettes.

  • Les Marais Hawizeh

Les Marais Hawizeh abritent toujours des vestiges significatifs du biotope originel des marais mésopotamiens. Ils serviraient donc de zone de référence pour le reste des marais à recréer, un refuge pour les espèces en voie de disparition et une réserve de plantes et d'animaux pouvant coloniser les autres marais.

L'approche proposée pour cette région diffère de celles plus expérimentales des Marais Centraux et Hammar, car les marais Hawizeh doivent seulement être agrandis. Cette zone offre ainsi le potentiel le plus haut pour le rétablissement de la faune et de la flore.