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Stratégies d'autonomie : l'export et la diversification

Dossier - Comment le commerce équitable change la donne
DossierClassé sous :développement durable , commerce équitable , cacao

Max Havelaar

Le commerce équitable labellisé participe au développement économique local par la création de nouvelles activités et d’emplois agricoles. Au fur et à mesure de leur croissance, toutes les organisations de producteurs étudiées ont besoin de plus en plus de main-d’œuvre.

  
DossiersComment le commerce équitable change la donne
 

Les producteurs s'engagent dans leur propre voie de développement. La stabilisation des revenus et la meilleure rentabilité des activités agricoles favorisent la mise en œuvre de stratégies d'autonomie. La sécurité alimentaire est maintenue. Elle dépend de stratégies choisies par les familles.

  • Les producteurs choisissent leur propre développement

La stabilisation des revenus et l'investissement permis par le commerce équitable labellisé favorisent la mise en œuvre de stratégies d'autonomie. La sécurité alimentaire est maintenue. Elle dépend de stratégies choisies par les familles.

© Max Haavelar

Dans un premier temps, le commerce équitable renforce la spécialisation des producteurs vers les productions de rente, vendues à l'exportation sur les marchés du commerce équitable. Tout en se spécialisant, ils privilégient de bonnes pratiques agricoles et passent plus facilement au bio, avec l'accompagnement technique de leurs organisations. 

  • Capacité d'initiative
Dans un second temps, grâce à la stabilisation du prix, le commerce équitable redonne des capacités d'initiative qui font que les producteurs choisissent de se diversifier. D'une part, ils peuvent entretenir des cultures de subsistance afin d'assurer leur sécurité alimentaire. D'autre part, certains se créent de nouvelles sources de revenus : élevage, autres produits destinés à l'exportation, production pour le marché local, etc.
  • Toujours orienté vers l'export

L'ensemble des organisations concentre la majeure partie de leurs efforts sur les marchés d'export. C'est individuellement que chaque producteur assure son autonomie alimentaire au travers de stratégies diverses. Les marchés nationaux ne sont pas encore la cible des ventes des organisations de producteurs. Toute une démarche de valorisation et de diversification des produits sur ces marchés reste à construire.

  • Comment Apromalpi valorise ses fruits délaissé

Jusqu'en 2005, Apromalpi ne commercialisait que des mangues fraîches « Kent », la seule à avoir une valeur pour l'exportation. Or, ses adhérents ne cultivaient que 20 à 30 % de manguiers de cette variété. Les bénéfices étaient donc limités, et les producteurs risquaient d'être contraints de reconvertir leurs plantations pour tout replanter en « Kent ».

En 2006, ayant établi une relation de confiance avec ses importateurs, Apromalpi a pu s'orienter vers l'exportation de pulpe de mangue, ce qui lui a permis de valoriser les autres variétés de mangue cultivées par les producteurs « Edward » et « Créole ».

Par ailleurs, en se diversifiant, Apromalpi est devenu le fournisseur principal de mangues, de citrons vert, de papayes et de fruits de la passion pour une unité de production de confitures tropicales qui appartient à une autre coopérative. Ainsi, les producteurs ont pu valoriser la diversité de leurs arbres fruitiers.

  • Frederico Urbino, salarié d'Apromalpi depuis 2002

« En pratiquant une diversité de cultures sur nos petites fermes, nous faisons aussi diminuer le coût de l'alimentation que nous devons acheter. Nous semons de tout : des fruits de la passion, de la banane, des haricots, des citrons verts... au lieu d'acheter des choses, nous mangeons ce que nous semons. »