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Un climat et un cadre spécifiques pour l'Homme

Dossier - Climatologie de l'Amérique Latine : richesses des archives historiques
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L'histoire du climat est utile en Amérique dès le XVIe siècle car ce continent se caractérise par le contrôle des richesses et des hommes qui généra des archives nombreuses et de qualité, ordonnées par les empires coloniaux avec l'appui de l'Eglise.

  
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L'Histoire est intimement liée à l'invention et ici l'introduction de l'écriture qui est très tardive puisque contemporaine de la conquête espagnole en 1533. En Amérique du Sud, le poids des recherches archéologique est donc important puisque toutes les grandes civilisations précolombiennes y sont à aborder avec ce prisme.

Les Andes, souvent symbolisée par l'Altiplano qui s'étend, entre 3600 et 4000 mètres d'altitude, du sud du Pérou au nord de l'Argentine, sont un milieu climatique a priori hostile à l'homme par la raréfaction de l'oxygène, le mal des montagnes au dessus de 3500 mètres d'altitude, la forte exposition aux rayons ultra-violets et la difficulté de croissance des plantes dans un milieu montagnard où les gelées nocturnes sont fréquentes tout le long de l'année.

C'est le milieu à la fois hostile et superbe des hautes Andes sèches dont les cordillères dominent l'Altiplano à plus de 4500 mètres d'altitude. © Cliché : Alain Gioda /IRD - Reproduction et utilisation interdites

Suite légende : Les hommes s'y accrochent avec d'autant plus de ferveur avec le thème de la Déesse Terre, la Pachamana, que le milieu est difficile. Toutefois, l'exode rural est très fort depuis l'épisode de El Niño de 1982-83 et la crise minière de 1985. Aujourd'hui dans ces Andes sèches, les hommes ont repris à leur compte l'économie incaïque et pré-incaïque de la complémentarité des terroirs et ils migrent, au moins de façon saisonnière, pour travailler par exemple dans la région de la plaine de Santa Cruz de la Sierra pour la récolte de la canne à Sucre ou dans les vallées de Cochabamba vers les champs de coca.

D'abord, on peut supposer que les Andes furent des terrains de parcours pour les éleveurs de camélidés. Elles n'auraient été peuplées durablement par les hommes qu'il y a environ 11 000 ans. Cette datation est à comparer avec celles de la colonisation des hautes terres du Tibet vers 25 000 ans BP (Before Present).

Les hommes ont dû élaborer des cultivars ou faire l'acclimatation de la pomme de terre, de différents tubercules comme la papa lisa et l'oca, de racines telles la maca, de la quinoa (qui joue le rôle des céréales européennes dans l'alimentation traditionnelle andine), du maïs, etc...

Et, cela largement il y a moins de 10 000 ans ; ainsi la plantation du maïs remonterait il y a 4 000 années au Pérou et celle de la maca il y a plus de 5 000 ans.

Les temps anciens où la bêche andine, particulièrement bien adaptée aux terrains pentus, était presque partout en usage. © Fac-similé : Musée de l'Homme de Paris. - Reproduction et utilisation interdites

Suite légende : Quatre siècles après, cet outil est encore utilisé dans le département de La Paz en Bolivie et les régions voisines du Pérou et il témoigne, comme bien des us et coutumes, de la vitalité du monde paysan traditionnel. L'Histoire est un fil d'Ariane pour entrer en empathie avec les populations locales, surtout dans des pays longuement dominés par la colonisation et des empires comme en Amérique Latine. L'Histoire s'oppose à la mémoire qui apparaît comme l'oralité soit la manière très éphémère et rapidement imprécise de conter des vaincus et des pauvres de ceux qui n'eurent pas accès aux moyens de communications de l'époque beaucoup plus restreints que ceux contemporains. Il y a donc une demande sociale en Amérique Latine pour écrire des histoires négligées : l'histoire des Indiens, Noirs, femmes ... et l'histoire du climat. Bien sûr, l'histoire est d'abord et surtout une enquête et la compréhension des causes et des conséquences.

La mise au point d'un calendrier agricole strict et savant est importante dans le développement des sociétés traditionnelles des Andes sèches.

Le climat est caractérisé par une saison des pluies intense mais courte et une longue saison sèche. Dès la fin des pluies en avril, le risque de gel devient important : toutes les cultures doivent donc être mûres à ce moment-là, pour éviter d'être détruites. Compte tenu de la durée du cycle végétatif, cela impose de les semer (graines) ou planter (tubercules) avant fin novembre, donc souvent avant le début des pluies. © Pierre Morlon/INRA. - Reproduction et utilisation interdites

Néanmoins, sans la complémentarité des terroirs selon les altitudes, la vie aurait été difficile avant la conquête par les Espagnols en 1533. Cette complémentarité des ressources alimentaires était assurée par l'exploitation de tous les étages écologiques de l'Océan Pacifique jusqu'à l'Altiplano et ses montagnes et elle a permit de dégager des grands excédents alimentaires et donc la constitution d'empires étendus dont ceux de Tiwanaku (cité au bord du Lac Titicaca et capitale d'un état bien avant Jésus-Christ et jusqu'au XIIe siècle) et des Incas (avec leur capitale à Cusco soit le nombril du Monde, du XIVe jusqu'au XVIe siècles).