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L'impact du climat sur les civilisations est-il encore actuel ?

Dossier - Le climat et l'histoire des civilisations
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L’histoire du monde s'est faite au fil de civilisations nées dans des régions climatiques très diverses. La naissance et l'essor de ces civilisations est-elle liée directement au climat ?

  
DossiersLe climat et l'histoire des civilisations
 

Le rôle du climat, crucial dans la transition de la Préhistoire à l'histoire, a perduré pendant toute l'Antiquité. Ainsi, on peut constater que la diffusion des civilisations de proche en proche a été facilitée par l'existence d'un climat commun.

Les dix grands pays les plus riches de la planète occupent des latitudes supérieures à 30° : un hasard ?... (À l'image Manhattan New York city) © AngMoKio, CC by sa 2.5

Les civilisations restent dans leur type de climat originel

Par exemple, les « civilisations du blé » issues du Croissant Fertile ont poursuivi leur diffusion dans toutes les régions au climat méditerranéen ou subtropical sec : à l'est sur le plateau iranien (Perse), à l'ouest sur les rives de la Méditerranée (Grèce, Carthage, Rome...). À l'inverse, ces civilisations délaissèrent dans un premier temps les régions plus au nord (Asie centrale) et au sud (Afrique subsaharienne), aux climats distincts.
Ce n'est qu'ultérieurement qu'elles progressèrent en Europe, en privilégiant d'abord sa partie occidentale aux hivers doux du temps de l'Empire romain, puis en se diffusant peu à peu vers sa partie orientale, plus froide, pendant le Moyen-Âge.

Partout ailleurs dans le monde, les civilisations sont restées à l'intérieur de leur domaine climatique originel. Cette tendance est facile à comprendre puisque l'économie des civilisations est restée longtemps dominée par le secteur agricole, fortement dépendant du climat ; or chaque céréale est davantage adaptée au climat où elle a été domestiquée.

La latitude détermine-t-elle la richesse d'un pays ?

On pourrait penser en revanche que le rôle du climat s'est affaibli depuis la révolution industrielle, c'est-à-dire durant ces deux derniers siècles. Or la répartition actuelle de la richesse dans le monde tend à indiquer qu'il n'en est rien. On représente ci-dessous les capitales économiques des dix pays de plus de 10 millions d'habitants les plus riches de la planète, et des dix plus pauvres.

Capitales économiques des 10 pays les plus riches et des 10 pays les plus pauvres (de plus de 10 millions d'habitants). © Vincent Boqueho

On constate que la latitude 30° apparaît comme une limite naturelle, avec les pays riches au-delà et les pays pauvres en-deçà. La seule exception est l'Afghanistan, pays pauvre situé à plus de 30° de latitude : cela s'explique aisément par les guerres quasi-permanentes qui ont eu lieu durant ces dernières décennies.

Ainsi, l'Homme a certes réussi à s'affranchir des contraintes de son environnement par différents moyens (climatisation des bureaux, chauffage des maisons, confection de vaccins et de médicaments, épandage d'engrais agricoles...) ; mais cela a un coût, et les régions les plus favorables aujourd'hui seraient celles où ce coût est le plus faible, à savoir les régions tempérées.

Finalement, les technologies ne parviendront jamais à le couper totalement du substrat même sur lequel elles sont bâties : celui de la planète Terre...