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Les différents types de bourgeons

Dossier - Pas de bourgeon, pas de forêt !
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Savons-nous que le bourgeon est l’élément essentiel de la vie d’une plante ? Le bourgeon assure la croissance et la ramification des tiges, il est le moteur de la plante et sans lui… pas de forêt !

  
DossiersPas de bourgeon, pas de forêt !
 

Selon leur forme, leur position sur la branche, leur développement, les bourgeons sont désignés par des noms différents. Les voici.

Eclosion d'un bourgeon d'acer pseudoplatanus. © Kreuzschnabel, CC BY-SA 3.0

Eclosion d'un bourgeon d'acer pseudoplatanus. © Kreuzschnabel, CC BY-SA 3.0
Comment reconnaître un bourgeon ? © Benjamine Scalvenzi, Flickr CC by nc-nd 3.0

Comment reconnaître un bourgeon ? © Benjamine Scalvenzi, Flickr CC by nc-nd 3.0

Bourgeons pérulaires

Ils possèdent à leur périphérie une ou plusieurs ébauches de feuilles en écailles qui forment le pérule. Ces écailles ne donneront pas de feuilles mais vont tomber. Elles sont épaisses, très cutinisées, brunes ou noires et souvent enduites d'une cire ou d'une résine collante, la propolis, utilisée par les abeilles pour réparer leur ruche. Elles sont donc imperméables. Exemple de bourgeon pérulaire spectaculaire : le bourgeon de marronnier.

Bourgeon de Acer pseudoplatanus, l'érable cycomore. © Sten Porse GNU Free Documentation License, Version 1.2

Bourgeon de Acer pseudoplatanus, l'érable cycomore. © Sten Porse GNU Free Documentation License, Version 1.2

Bourgeons nus

Ils n'ont pas les caractères des bourgeons pérulaires et toutes leurs écailles vont donner des feuilles. Certaines plantes peuvent avoir les deux types de bourgeons, avec des bourgeons d'hiver pérulaires et des bourgeons d'été toujours nus, d'autres plantes ont toujours des bourgeons nus, même en hiver comme certaines viornes. Les bourgeons nus sont la règle chez les plantes herbacées.

Bourgeons terminaux

Ils sont toujours à l'extrémité d'une tige ou d'un rameau.

Pinus term. © Curtis et al. Iowa SU, domaine public

Pinus term. © Curtis et al. Iowa SU, domaine public

Bourgeons axillaires

Ils sont toujours sur une tige, en position latérale le plus souvent, à l'aisselle d'une feuille, donc sur sa face ventrale. Leur position par rapport à la tige varie : accolés, écartés, portés par un pédoncule. Ils sont issus de la fragmentation du méristème apical primaire du bourgeon terminal. Ces bourgeons deviendront forcément bourgeon terminal du rameau dont ils sont à l'origine. Quelques espèces peuvent présenter plusieurs bourgeons axillaires à l'aisselle de la même feuille (bourgeons axillaires multiples). C'est le cas par exemple du caféier.

Bourgeons collatéraux

Les bourgeons axillaires parallèles sont à l'insertion de la feuille.

Bourgeons sériaux

Les bourgeons sériaux sont perpendiculaires à l'insertion de la feuille.

Bourgeons épicormiques

Ils apparaissent sur les tiges, les racines ou les feuilles, ce sont des bourgeons. Ils sont issus de la « dédifférentiation » de tissus vivants spécialisés, dont les cellules redeviennent indifférentiées en méristèmes primaires caulinaires. Exemple d'organes issus de bourgeons adventifs : les drageons des framboisiers ou les bulbilles de certaines plantes. Ces bourgeons deviendront forcément bourgeon terminal du rameau dont ils sont à l'origine.

Marronnier, bourgeons épicormiques. © F. Lamiot GNU Free

Marronnier, bourgeons épicormiques. © F. Lamiot GNU Free

Bourgeons végétatifs

Ils donnent naissance à une pousse feuillée.

Bourgeons floraux

Ils sont également appelés boutons floraux ou encore bourgeons inflorescenciels, ils donneront naissance à une pousse florale.

Bourgeon floral de rosier. © KOS, Domaine public

Bourgeon floral de rosier. © KOS, Domaine public

Bourgeon dormant

C'est un bourgeon sans activité biologique, en hiver chez nous, en général. Cet état se nomme la dormance. Elle peut durer un hiver ou plusieurs années. Les bourgeons dormants peuvent être de bons critères de détermination en hiver.

Bourgeon actif

Il est le siège d'une activité métabolique : il se gonfle, subit un étirement de son axe, et les écailles finissent par s'écarter.

Dard

Chez les arbres fruitiers à pépins, on appelle « dard » un bourgeon indécis : s'il reçoit beaucoup de sève, il fera un rameau, s'il en reçoit peu, il sera bouton à fleur. Un dard couronné est un dard qui s'est allongé et se termine par un bouton. On ne le taille pas en arboriculture.

Bourgeon à fleur de poirier. © Abrahami, licence Creative Commons Paternité – Partage des conditions initiales à l’identique 3.0 Unported

Bourgeon à fleur de poirier. © Abrahami, licence Creative Commons Paternité – Partage des conditions initiales à l’identique 3.0 Unported

Bourse

Le bourgeon à fruit se ramifie souvent en formant d'autres bourgeons à fruit, chacune de ces feuilles recèle un bourgeon qui donne des fruits chaque année, c'est un bourgeon composé.

Bourgeons distaux

Chez les arbres ce sont les bourgeons les plus éloignés du tronc. L'acrotonie est la tendance des arbres à alimenter prioritairement en sève les branches situées près de la cime pour privilégier la croissance des bourgeons les plus terminaux.

Bourgeons de prunier : les ronds sont des bourgeons à fleurs, le pointu est un bourgeon à feuilles. © Emmanuel Boutet, licence Creative Commons Paternité – Partage des conditions initiales à l’identique 3.0 Unported

Bourgeons de prunier : les ronds sont des bourgeons à fleurs, le pointu est un bourgeon à feuilles. © Emmanuel Boutet, licence Creative Commons Paternité – Partage des conditions initiales à l’identique 3.0 Unported

Bourgeons proximaux

Ce sont les plus proches du bourgeon terminal. La basitonie est la tendance des plantes à alimenter prioritairement les rameaux situés à la base de la tige ce qui privilégie la croissance des bourgeons axillaires les plus bas et donne ainsi un buisson, c'est le cas des arbustes. Les rameaux secondaires plus grands et plus nombreux sont à la base de la plante.

Bourgeon d'Ulmus rubra, orme rouge. © Phyzome, Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported license

Bourgeon d'Ulmus rubra, orme rouge. © Phyzome, Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported license

Bourgeon à développement monopodial (ou monopodique)

Le bourgeon qui se développe donne, au printemps de la nouvelle année, un rameau qui prolonge simplement la tige de l'année précédente et le même méristème terminal poursuit son activité d'une année sur l'autre : hêtre, chêne, érable.

Bourgeon à développement sympodial (ou sympodiaque)

Le bourgeon terminal disparaît par avortement spontané ou parce qu'il engendre une fleur ou une inflorescence ou une vrille par exemple chez la vigne et ce sont les bourgeons axillaires qui assurent la croissance des rameaux. Exemples : châtaignier, saule, noisetier, etc.

Les bourgeons peuvent avoir plusieurs de ces caractéristiques en même temps bien sûr, et il y en a sûrement d'autres qui ne sont pas mentionnées ici !