Planète

Saïmiri commun

DéfinitionClassé sous :zoologie , singe , primate
Photo d'un saïmiri commun. © Dave Pape, domaine public

Saïmiri commun (Linnaeus 1758) - Saimiri sciureus

  • Ordre : Primates
  • Famille : Cebidae
  • Sous-famille : Cebinae
  • Genre : Saimiri
  • Taille : 23 à 37 cm (longueur de la queue 37 à 46 cm)
  • Poids : 500 à 1100 g
  • Longévité : 15 ans en milieu naturel (jusqu'à 30 ans en captivité)

Statut de conservation UICN : LC Préoccupation mineure

Description du saïmiri commun

Le saïmiri commun également appelé singe écureuil, est un petit singe arboricole au pelage court et dense, de couleur olivâtre sur la partie supérieure du corps. Adoptant une forme de calot, le poil est vert foncé sur la tête et le front, et descend en favori sur la partie arrière des joues qui sont claires. Une fourrure courte et blanche cerne les yeux noirs, formant comme un masque. Les oreilles sont petites mais bien décollées, et prolongées de longs pinceaux blancs, tandis que le museau prolongeant la tête ronde est cerclé de sombre. Les dents sont petites et pointues, adaptées à un régime insectivore. Le poil est couleur olive sur le dos et cette teinte va en dégradé dans les tons de beige sur les flancs. La queue est longue mais non préhensile sauf chez le juvénile. Le singe perd cette faculté en arrivant à l'âge adulte. Les pattes postérieures sont longues, et les antérieures, munies de mains aux longs doigts adaptés à la préhension, sont un peu plus courtes.

Saïmiri commun. © Adrian Pingstone, domaine public

Habitat du saïmiri commun

Le saïmiri commun, dont il existe quatre sous-espèces, est présent dans la partie nord-ouest de l'Amérique centrale, y compris dans la partie sud de l'île de Costa Rica, et dans tout le bassin amazonien à l'est de la cordillère des Andes. On le trouve généralement dans les forêts secondaires plus riches en nourriture des zones régulièrement inondées, aux forêts « couloirs » bordant les rivières et les fleuves et riches en lianes, ou dans les mangroves. Il évolue depuis le niveau de la mer jusqu'à 2.000 mètres d'altitude et parvient à survivre sur les îlots dégradés.

Saïmiri pensif. © Patrick Straub

Comportement du saïmiri commun

Le saïmiri commun vit en troupes composées d'une douzaine à une centaine d'individus. Ce sont les femelles qui dirigent les déplacements et qui maintiennent l'unité des groupes. Les mâles, plus indépendants sauf à la période de reproduction, restent en périphérie. Il n'existe aucune hiérarchie marquée même si certaines femelles marquent une supériorité évidente. Celles-ci restent dans leur groupe d'origine alors que les mâles émigrent à la maturité sexuelle. Le singe est très actif et curieux. C'est un arboricole diurne qui évolue dans les frondaisons avec une rapidité et une aisance stupéfiantes. Il empreinte généralement les mêmes pistes qu'il marque d'empreintes odorantes et peut passer de la canopée au niveau du sol en quelques bonds. Mais on l'observe rarement à terre. C'est un animal social et grégaire mais assez individualiste, car il ne pratique pas le « grooming » (toilettage) qui, habituellement permet de réduire les tensions et de resserrer les liens du groupe.

Portrait d'un saïmiri commun. © Lupo, GNU FDL Version 1.2

Lorsqu'il se repose, il peut soit s'allonger sur une branche, queue pendante mais pour dormir il se recroqueville sur lui, jambes postérieures repliées sur les épaules et la queue enroulée autour de la branche pour maintenir l'équilibre, ou lorsqu'il  dort dans un creux d'arbre, il l'enroule autour du cou comme une écharpe pour se préserver de la fraîcheur de la nuit. Il communique avec les siens au travers d'une gamme étendue de mimiques, de gestuelles et de vocalisations. Le primate vit en sympatrie avec d'autres espèces telles que le capucin olive, le sajou noir ou l'ouakari rubicond, et est parfois suivi de près par les toucans qui se nourrissent des insectes dérangés lors des déplacements du singe. C'est un animal dont la seule défense est la fuite, et qui est à la merci des petits félidés, des aigles ravisseurs et des serpents du type boas ou anacondas.

Saïmiri aux yeux tristes. © Patrick Straub

Reproduction du saïmiri commun

La principale particularité de la saison de reproduction dont le pic se situe en novembre lors de la saison sèche, est l'incroyable prise de poids des mâles qui gagnent près de 30 % de leur poids initial pour impressionner les femelles et les mâles concurrents. Le mâle adulte défie ses adversaires en leur présentant ses organes génitaux et engage fréquemment de féroces batailles. La femelle donne naissance à un petit unique pesant une centaine de grammes, au terme d'une gestation d'environ 160 jours. Les premières semaines, le jeune se fait porter par sa mère avant de s'adapter à l'agrippement ventral. Lorsqu'il est devenu assez fort pour se cramponner tout seul, il se fait transporter en s'agrippant sur le dos de sa mère, où il peut rester même pour y dormir. Il reste dépendant de sa mère pendant près d'une année et atteint sa maturité sexuelle vers 3 ans.

Régime alimentaire du saïmiri commun

Le saïmiri commun se nourrit principalement d'insectes tels que sauterelles, mantes, larves... mais aussi de fruits, de baies, de noix et de bourgeons. Il mange également des mollusques et des petits vertébrés comme les grenouilles arboricoles et les lézards. Lorsque les fruits se font plus rares, il se rabat sur le nectar des fleurs.

Repas du saïmiri. © Patrick Straub

Menaces sur le saïmiri commun

La survie de la sous-espèce à dos rouge, Saimiri oerstedii oerstedii, est menacée au Costa Rica et au Panama. La déforestation en est la cause principale. L'emploi des pesticides, le développement du tourisme, le trafic animalier et les lignes à haute tension ont également contribué à la baisse dramatique des effectifs. Le singe écureuil descend rarement au sol et la fragmentation de son territoire due aux coupes franches, l'aménagement de routes et l'installation de pylônes électriques ont gravement perturbé l'équilibre des groupes. Les singes se retrouvent ainsi emprisonnés dans des « îlots » qu'ils ne peuvent quitter, appauvrissant leur patrimoine génétique et survivant des maigres ressources que leur offre ce patchwork forestier. Les autres sous-espèces, Saimiri saimiri sciureus de Guyane et du bassin amazonien, Saimiri saimiri cassiquiarensis du Vénézuela et de Colombie, Saimiri saimiri albigena des contreforts est de la cordillère colombienne et Saimiri saimiri macrodon de l'Équateur et du Pérou ne sont pas considérées comme menacés.

Le saviez-vous ?

Le centre de primatologie de l'Institut Pasteur de Guyane, entretient et utilise environ 900 saïmiris pour analyser les mécanismes physiopathologiques de l'infection due à l'agent du paludisme (Plasmodium falciparum) et au virus humain HTLV.

Ci-dessous, quelques parcs nationaux et réserves où l'on peut observer le saïmiri commun.

Brésil :

  • Parc national de la Tijuca (Rio de Janeiro) ;
  • Parc national de Tumucumaque ;
  • Parc national Cabo orange ;
  • Réserve biologique Rio Trombettas.

Guyane française :

  • Parc amazonien de Guyane ;
  • Réserve naturelle des Nourragues.
Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour.

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !

Cela vous intéressera aussi