L'hypothèse du désespoir observée chez une buse noire

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L'hypothèse du désespoir. Décrite par Carl Leavitt Hubbs en 1955, celle-ci décrit une situation où un individu d'une espèce rare ne parvient pas à trouver un partenaire de la même espèce, ce qui le pousserait à se reproduire avec un partenaire d'une espèce plus commune. Ils donneraient alors naissance à des hybrides ! En 2014, un exemple de l'hypothèse du désespoir a été repéré chez des rapaces. Des chercheurs ont documenté leurs observations dans une étude publiée dans Journal of Raptor Research.

Trois parades nuptiales. Deux copulations. Un oisillon. Et aucune intimité. Une femelle buse noire (Buteogallus anthracinus), espèce vagabonde et rare en Californie, a formé un couple avec un mâle buse à épaulettes (Buteo lineatus elegans) sous les yeux curieux des chercheurs. Il s'agit seulement de la deuxième hybridation observée chez les buses noires. Un événement généralement rare chez les rapaces. Selon les chercheurs, il survient suite au vagabondage, à la mise en danger ou à l'expansion naturelle de l'aire de répartition de l'espèce.

L'oisillon, s'il a un peu plus hérité de sa mère, présente plusieurs caractéristiques montrant l'hybridation. Il arbore un plumage sombre, typique de Buteogallus anthracinus, mais tacheté de crème et de brun foncé, à l'instar de Buteo lineatus elegans. Son bec, crochu, rappelle également son père. Quant à ses vocalisations, elles sont intermédiaires entre les deux espèces, mais sonnent davantage buse noire.

Les chercheurs estiment que le régime alimentaire similaire des parents, comportant entre autres des écrevisses et des amphibiens, ainsi que de « fortes associations avec les habitats aquatiques » auraient facilité l'hybridation. Ils précisent également que s'ils sont confiants sur l'origine de cette progéniture, un « échantillon de sang de l'hybride de 2014 pourrait être utilisé pour confirmer génétiquement l'hybridation ».

Photos du petit d'une buse noire et buse à épaulettes, âgé de 56 jours (a, b, c) et de 46 jours (d). © Stan Moore