Étrangeté du vivant : le phoque à capuchon ne manque pas d'air !

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La banquise en Arctique est le terrain de jeu d'un phoque, qui de prime abord, ressemble à tous les autres. Mais il faut s'attarder un peu plus sur la face des grands mâles pour comprendre pourquoi le phoque à capuchon (Cystophora cristata) a été baptisé ainsi. Vers l'âge de quatre ans, une membrane sombre apparaît entre les deux yeux du phocidé et s'étend jusqu'à ces narines. Au fil du temps, elle croît et peut dépasser les 30 centimètres de long pour près de 20 centimètres de diamètre. De plus près, on dirait qu'il a une trompe au milieu de la tête.

Cette membrane est en réalité une excroissance de la cavité nasale que le phoque à capuchon peut gonfler à sa guise. En période de reproduction, il s'agit d'un atout de séduction majeur ! Mais, le mâle va encore plus loin pour séduire sa dulcinée. En plus de gonfler sa « trompe », il peut sortir et gonfler l'une de ses narines qui apparaît alors comme un gros ballon rouge au bout de son nez. Le séducteur secoue alors son ballon dans tous les sens pour faire le plus de bruit possible et s'attirer les faveurs des femelles.

Le phoque à capuchon est une espèce remarquable par bien d'autres aspects : il peut plonger jusqu'à 1.000 mètres de profondeur, la mère ne nourrit son petit que pendant trois jours - c'est la durée de nourrissage la plus courte observée chez les mammifères ! Les bébés muent aussi in utero et naissent avec une fourrure grise qui leur permet déjà d'aller dans l'eau. Au début de sa vie, il ne peut compter que sur les réserves de graisse qu'il a accumulées pendant les trois jours d'allaitement.

Un phoque à capuchon mâle avec sa narine rouge gonflée. © slowmotiongli, Adobe Stock
Un phoque à capuchon mâle et sa « trompe » caractéristique. © slowmotiongli, Adobe Stock