Deux tiers des plus longs fleuves du monde ne coulent plus librement

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Coupés par des barrages, détournés pour l'irrigation, compromis par l'urbanisation... Deux tiers des plus longs fleuves du monde ne coulent plus librement, selon une étude parue dans Nature, menée par l'université McGill, au Canada, et le WWF. Les chercheurs ont étudié 12 millions de kilomètres de rivières dans le monde en se référant à des bases de données sur les barrages, sur les routes et à des images satellite. Il en ressort que moins de la moitié des rivières de plus de 500 km sont à courant libre, c'est-à-dire suivent leur cours naturellement, sans aménagement. Seuls 91 des 246 plus longs fleuves de la planète (plus de 1.000 km), soit 37 %, s'écoulent librement, et 21 fleuves parmi ces derniers se jettent encore dans l'océan.

L'intégrité des fleuves a été dégradée principalement par les barrages et les réservoirs, et par d'autres infrastructures de gestion du réseau fluvial, pour l'agriculture, l'énergie hydraulique et l'eau courante. Les chercheurs estiment que le nombre de grands barrages dans le monde dépasse les 60.000 et que plus de 3.700 sont en chantier. Les fleuves à courant libre les plus longs subsistent dans les endroits les plus reculés de la planète : en Arctique, dans le bassin amazonien et dans le bassin congolais. Il en reste très peu dans les pays développés et dans les endroits les plus peuplés de la planète. Citons la rivière Liard au Canada, longue d'environ 1.200 km, ou l'Irrawaddy, principal cours d'eau de Birmanie.

L'étude s'accompagne d'une carte interactive sur le site freeflowingrivers.org

Une carte montrant quelques-uns des plus grands fleuves du monde encore à courant libre. Les fleuves soutiennent l'agriculture, la pêche, la biodiversité, des modes de vie et de croyances, atténuent l'impact des inondations, de la sécheresse, ou même l'érosion côtière (en transportant des sédiments). © freeflowingrivers.org