Ce plastique fabriqué avec de l'ADN est recyclable à l'infini

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Des chercheurs chinois ont réussi à produire nouveau bioplastique à base... d'ADN. Entièrement biodégradable en quelques heures, il est peu coûteux à produire et recyclable à l'infini. Il existe déjà de nombreuses alternatives au plastique, fabriquées à partir d’huile végétale, d'amidon de pomme de terre, de protéines ou même de poudre de lait. Mais la fabrication de ces bioplastiques est généralement peu écologique (nécessitant par exemple beaucoup d'énergie) et requiert l'utilisation des substances polluantes (solvants, pesticides...) ; en outre, ils mettent parfois plusieurs centaines d'années à se dégrader en conditions naturelles. De plus, le recyclage de ces matériaux n'apporte aucun gain en matière de réduction des émissions de dioxyde de carbone, étant donné qu'il nécessite un chauffage à haute température.

Le nouveau matériau mis au point par les chercheurs est un hydrogel obtenu à partir de brins d'ADN fixés à des polymères dérivés de biomasse. L'hydrogel lyophylisé a ensuite été moulé avec de l'eau pour donner différentes formes, comme une tasse avec une poignée et un objet en forme d'ADN. Après un séchage à l'air libre de deux minutes, le plastique s'est révélé parfaitement solide. Surtout, l'objet peut être « froissé » et immergé à nouveau dans l'eau pour donner une nouvelle forme. On obtient ainsi un matériau recyclable à l'infini. « L'ADN est un biopolymère inépuisable qui peut être extrait de tous les organismes, y compris les plantes, les animaux et les micro-organismes», ajoutent les auteurs de l'étude parue dans le Journal of the American Chemical Society. Patchs biologiques, appareils électroniques ou emballages : de nombreuses applications sont envisageables comme par exemple un film soluble dans l'eau pour emballer les fruits ou légumes.

Les chercheurs ont conçu un hydrogel à base d’ADN pouvant être moulé et recyclé à l’infini à température ambiante. © Jinpeng Han et al., Journal of the American Chemical Society, 2021