L'impact humain sur l'Antarctique... revu à la hausse

[EN VIDÉO] Antarctique : découvrez le point émergé le plus profond sur Terre  Sous ses glaces éternelles, l’Antarctique cache une topologie très accidentée. Le projet BedMachine a révélé des canyons terrestres qui s’enfoncent à plusieurs kilomètres de profondeur. L’un d’entre eux, sous le glacier Denman, détient le record du point le plus profond du globe. Il descend à plus de 3,5 kilomètres sous le niveau de la mer ! 

Un accès périlleux. Des conditions de vie rudes. L'Antarctique accueille froidement l'humanité. Pourtant, nous avons marché sur une majorité de ses terres. Laissant parfois nos traces sur cet écosystème glacial. La nature sauvage a-t-elle été préservée ? Une étude parue dans Nature répond à cette question.

Grâce à 2,7 millions d'enregistrements de l'activité humaine, répartis sur les 200 dernières années, les chercheurs ont abouti à une belle conclusion : 99,6 % de l'Antarctique peut être considéré comme une nature sauvage ! Bien que les zones dites « vierges », car exemptes d'interférences humaines, ne représentent que 32 % du lieu. Un pourcentage appelé à diminuer. « L'activité humaine a été étendue, en particulier dans les zones libres de glace et côtières où se trouve l'essentiel de la biodiversité », souligne Bernard Coetzee, l'un des chercheurs impliqués.

Certaines zones à fort impact humain, telles celles où se trouvent les stations de recherche, chevauchent souvent des zones importantes pour la biodiversité. Mais la tendance peut encore être inversée. Rachel Leihy, coautrice de l'étude, est optimiste. « Il existe de nombreuses opportunités pour prendre des mesures rapides, afin de déclarer de nouvelles aires protégées pour la conservation de la nature sauvage et de la biodiversité. » 

Si certains navigateurs en avaient déjà aperçu une partie avant, ce n'est qu'en 1819 que l'Antarctique fut officiellement découvert, grâce à l'expédition menée par le capitaine William Smith. © Staphy, Adobe Stock