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Sangliers morts : tous les résultats d’analyses

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C'est la saga de l'été. Qui tue les sangliers sur les plages bretonnes ? La réponse a été publiée lundi par la préfecture des Côtes-d'Armor et les algues vertes sont très probablement coupables.

Les algues vertes semblent être responsables de la mort des sangliers sur les plages bretonnes, selon les analyses scientifiques. © CristinaBarroca, Flickr, CC by nc-nd 2.0

Cet été, 36 sangliers et un ragondin sont morts sur les plages des Côtes-d'Armor en Bretagne. Depuis, toutes les hypothèses ont été envisagées pour expliquer ces morts mystérieuses, mais désormais, la piste des algues vertes, qui avait été avancée par les organisations écologiques notamment, semble la plus probable.

En effet, des analyses ont été effectuées sur les derniers cadavres retrouvés sur les plages. Ces analyses, rendues publiques par la préfecture des Côtes-d'Armor, sont pour le moins accablantes.

De l'hydrogène sulfuré dans les poumons

Pour 5 des 6 sangliers et marcassins analysés, les scientifiques ont mis en évidence la présence d'hydrogène sulfuré, le gaz toxique libéré lors de la décomposition des algues, dans les poumons. Pour le marcassin ne contenant pas de trace du gaz toxique, la préfecture a demandé des analyses complémentaires (il est d'ailleurs ironique de constater qu'une absence d'H2S dans les poumons suscite l'incrédulité...).

Extrait du rapport de la préfecture des Côtes-d'Armor montrant la quantité d'hydrogène sulfuré retrouvée dans les poumons des cadavres de sangliers analysés. © Préfecture des Côtes-d'Armor

D'autre part, les analyses effectuées sur un mâle, trois femelles et trois marcassins ne permettent pas d'incriminer des agents actifs de pesticides (organophosphorés, carbamates et chloralose) sauf pour une laie (taux de chloralose anormalement élevé). De même, les études testant la piste des cyanobactéries se sont révélées négatives.

Globalement, toutes ces analyses vont dans la même direction : elles incriminent les algues vertes et le sulfure d’hydrogène et blanchissent les autres suspects tels que les cyanobactéries et les insecticides.

Analyses complémentaires demandées

La préfecture des Côtes-d'Armor a cependant réclamé des analyses complémentaires pour découvrir si d'autres molécules toxiques pourraient être à l'origine de l'hécatombe. Les résultats seront publiés en fin de semaine.

Devant tant de preuves, elle n'a pourtant pas encore reconnu pleinement la culpabilité de l'hydrogène sulfuré. Dans le communiqué de presse publié lundi, elle affirme que « ne disposant pas d'échelle biologique de valeur néfaste d'H2S pour les animaux, nous ne pouvons certifier que la mort des sangliers et marcassins est due à cette présence ». Avant de rappeler que le cheval mort en août 2009 présentait un taux de 1,18 mg/kg de gaz toxique dans les poumons, soit moins que les quantités retrouvées chez certains sangliers.

En attendant, la plage de Saint-Maurice à Morieux est toujours fermée, les tractopelles ramassent plusieurs tonnes d'algues par jour sur les plages concernées par la marée verte et l'État assure que toutes les mesures de sécurité sont prises. La ministre de l'Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a d'ailleurs exigé la fermeture des plages où le ramassage des algues n'est pas quotidien. L'élevage intensif des porcs, lui, se porte comme un charme. Des agriculteurs organisent même un match de football sur la plage interdite, pour protester contre les accusations des ONG qui prétendent que la profession agricole est à l'origine du phénomène des marées vertes.

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