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Les animaux arctiques ne vont pas si mal

ActualitéClassé sous :zoologie , développement durable , milieu polaire

Une équipe scientifique vient de doter l'Arctique de son propre indicateur des tendances des populations animales. Basé sur 35 ans de données, cet outil révèle que sur cette période la faune des vertébrés a globalement prospéré, les effectifs augmentant de 16%. Les dernières données indiquent pourtant l'apparition récente d'une tendance au déclin...

Globalement, les populations de vertébrés de l’Arctique, tel ce lièvre arctique (Lepus arcticus), se sont accrues de 16% depuis 35 ans. © Drew Avery CC by

Un nouvel indicateur des tendances d'évolution des populations animales vient d'être achevé. Cet indicateur, spécifique aux populations de vertébrés (mammifères, oiseaux, poissons...) de la zone arctique, couvre des données enregistrées depuis 1970.

Selon cet indicateur, l'Arctic Species Trend Index (ASTI), les populations de vertébrés se sont globalement accrues de 16% depuis 35 ans. Cette amélioration des effectifs semble due à l'interdiction de la chasse de plusieurs mammifères et à l'existence de phénomènes climatiques favorables.

Ainsi, le nombre de baleines boréales (Balaena mysticetus) a augmenté de 3% par pan pendant 30 dans les eaux arctiques, tandis que l'augmentation de la température du Détroit de Béring entre 1970 et 2003 a favorisé la croissance du phytoplancton et des populations de colins (Pollachius sp).

Cependant, cette tendance masque un déclin récent et inquiétant de plusieurs populations comme celle de colins et celle de bernaches cravants (Branta bernicla). Selon les auteurs de l'indicateur ASTI, cette tendance récente pourrait être liée au réchauffement climatique.

Cliquer pour agrandir. Le récent déclin des populations de bernaches cravants pourrait être dû au changement climatique. © Tim Bowman via Eol, domaine public

Un indicateur pragmatique venu du froid

L'ASTI est un indicateur des tendances des populations basé sur la variation des effectifs de population plutôt que du nombre d'espèces. L'avantage d'un indicateur comme celui-ci ou comme l'Indicateur Planète Vivante (LPI pour Living Planet Index), dont il est une déclinaison, est qu'il permet de mélanger plusieurs types de données (effectif de population, densité, biomasse, nombre de nids...) tant qu'elles constituent des séries temporelles homogènes.

C'est un outil pragmatique utilisable sur le court terme et qui peut être facilement divisé en sous-indicateurs pour étudier des tendances par taxons, biomes, régions, périodes de temps, etc.

Ce nouvel indicateur, basé sur 35% des espèces de vertébrés de l'Arctique, permet de dégager des tendances au sein des différentes populations animales. Le suivi de ces tendances pourra révéler les réponses de la faune polaire aux pressions grandissantes qui s'exercent dans cette région du globe, ce qui rendra possible l'établissement de projections sur l'évolution des écosystèmes arctiques.

Cet outil pourra donc servir à établir des alertes précoces sur l'évolution de la biodiversité dans cette région du monde.

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