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Des abeilles tueuses pas si terribles que ça ?

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En 1957, des abeilles africaines agressives ont été relâchées par erreur au Brésil. 17 ans plus tard, il apparaît que les abeilles africaines causeraient moins de dommages aux abeilles autochtones que les variations météorologiques et, même, augmenteraient la disponibilité de leur source de nourriture.

Une abeille tueuse butine de la lavande. © J POD CC by-sa

Lorsque des espèces étrangères à un écosystème s'y implantent, elles peuvent disparaître, survivre en faible effectif ou bien se développer très vigoureusement. On parle alors d'espèces invasives. Lorsque ces espèces sont agressives, elles peuvent supplanter les espèces locales et parfois les mener à l'extinction. C'est ce que craignaient les scientifiques, face à l'agressivité des nuées d'abeilles africaines.

David Roubik, directeur de recherche au Smithsonian Tropical Research Institute, posa alors des pièges pour quantifier les effets de cette invasion. Avec l'aide de Rogel Villanueva-Gutiérrez, du Colegio de la Frontera del Sur (Mexico), Roubik chercha donc à déterminer le rôle de ces abeilles dans la forêt tropicale de la Réserve de Biosphère de Sian Ka'an.

David Roubik, du Smithsonian Tropical Research Institute, exhibe une abeille capturée. © STRI

L'étude sur le long terme montre que les abeilles, invasives ou autochtones, respectent en premier lieu les relations plante-insecte, malgré des hauts et des bas dans leurs populations. Les mécanismes évolutifs entre les insectes et les fleurs, ainsi que les cycles de floraisons, pourraient en être la raison majeure.

Les africaines d'un côté, les locales de l'autres, et les fleurs seront bien gardées...

L'analyse des pièges et du pollen accroché aux abeilles révèle que les abeilles africaines ont accaparé deux familles de plantes que butinaient les espèces locales. Celles-ci se sont détournées vers d'autres familles proches et se sont concentrées sur une autre, dont l'abondance s'était accrue. Au final, les ouragans et les sécheresses ont eu plus d'impacts sur ces populations que l'invasion africaine.

Roubik attire tout de même l'attention sur la qualité et la biodiversité de l'écosystème étudié. Ailleurs, les abeilles autochtones auraient sûrement moins de possibilités pour se reporter sur d'autres plantes. Les populations locales seraient alors moins résilientes (capables de s'adapter) à ce type d'invasion.

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