De quoi s’agit-il ? Il arrive que certains spécimens qui vivent dans les eaux tropicales s'échouent sur les plages du littoral atlantique français. Si l'organisme arbore de jolies couleurs, mieux vaut ne pas entrer en contact avec lui. © Pixelchubser, Wikipédia, cc by 2.5

Planète

Le 16 h : quel est cet étrange animal ?

ActualitéClassé sous :zoologie , E2014 , 16 h

Un corps violet gonflé muni d'une voile, avec des excroissances molles sur le dessous. Quel est donc cet étrange organisme à l'image ? Un indice : ils sont en réalité plusieurs à l'intérieur.

La mer regorge d'animaux étranges. Prenons les méduses par exemple. Ces bestioles gluantes et urticantes, parfois géantes et toujours planctoniques, se composent quasiment exclusivement d'eau. Elles se laissent porter par les courants marins, et gare aux créatures qui viennent se frotter à leurs tentacules venimeux.

Dans le même embranchement des cnidaires, on trouve d'autres particularités. Les coraux, par exemple, forment de vastes colonies. Animaux au corps mou, ils se constituent un exosquelette calcifié et, côte à côte, créent de vastes récifs au fil du temps. Tous ensemble, les polypes forment ce que les spécialistes nomment un superorganisme, à l'instar des termites chez qui l'union des individus est telle qu'ils n'en constituent qu'un.

C'est une caractéristique partagée par un autre groupe de cette grande famille des cnidaires : les siphonophores. Ces organismes pélagiques sont même encore plus surprenants : vivant en colonies dans les grandes profondeurs, ils se composent de plusieurs membres spécialisés. Certains, avec leurs immenses tentacules, apportent la nourriture aux autres, flotteurs, propulseurs ou reproducteurs.

Marrus orthocanna est un exemple d'organisme siphonophore, composé de plusieurs polypes spécialisés amarrés à une tige. © Kevin Raskoff, California State University Monterey, NOAA Photo, Wikipédia, DP

Chez les cnidaires, qui diffère s’assemble

Nous arrivons ainsi à l'organisme qui nous intéresse, présenté sur la photo, et membre éminent de l'ordre des siphonophores. Bien que compacté à l'image, son corps peut être extrêmement allongé. Maintenu à la verticale à la surface de l'eau grâce à un polype jouant le rôle de flotteur rempli d'air (pneumatophore), capable de se contracter pour plonger en cas de danger, cet être étrange se compose de trois autres polypes spécialisés.

Les tentacules d'abord. Longs, très longs. Jusqu'à 50 mètres dans les cas extrêmes, bien que plus souvent autour de 10 mètres. Sur toute leur longueur, des cnidocytes, des cellules spécialisées produisant du venin capable de tuer les poissons qui les touchent. L'Homme aussi doit s'en méfier : bien que rarement mortelles (surtout très douloureuses), les piqûres de ce siphonophore géant ont provoqué la mort de quelques personnes.

Restent deux autres polypes. Les muscles des tentacules se contractent pour amener la nourriture au gastrozoïde, aux fonctions digestives. Enfin, le quatrième et dernier polype assure les fonctions de reproduction. Qu'est donc cet organisme ? La physalie (Physalia physalis), vivant dans les eaux tropicales à travers le globe. Et parfois, elle s'échoue sur les plages où, même morte, il vaut mieux éviter de s'y frotter...