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Le volcan Nyiragongo menace toujours

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Le volcan Nyiragongo a choisi le 17 janvier 2002 pour entrer en action et surprendre les habitants de la ville de Goma.

Le volcan Nyiragongo menace toujours

C'est à cinq heures du matin, heure locale(03h00 GMT), le 17 janvier 2002, que le volcan a choisi de rentrer en éruption, produisant trois coulées de lave sur les flancs ouest, est et sud, à une dizaine de kilomètres de Goma, dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre). Dans la soirée, la rivière de lave avait atteint la ville, la coupant en deux avant de rejoindre le lac de Kivu.

Près de 500 000 personnes ont alors fui pour rejoindre la ville rwandaise de Gisenyi. Un premier bilan dressé par les Nations unies fait état de 45 morts. Il y a 24 ans, le 3 janvier 1977, le Nyiragongo avait tué 2000 personnes en trente minutes.

Après avoir traversée la ville de Goma en suivant le tracé d'une ancienne coulée, la rivière de lave, qui forme un mur noirâtre de près de deux mètres de hauteur, se déverse actuellement dans le lac Kivu. A son contact cette dernière refroidie et provoque l'émanation de gaz toxiques. Il faut craindre également que les réserves de gaz méthane contenu par le lacs s'échappent. L'eau du lac pourrait déjà être impropre à la consommation, contaminée par la lave et les cendres de l'éruption. Une menace que les habitants de Goma ne semblent pas prendre au sérieux puisque 300 000 d'entre eux ont choisi de retourner sur les lieux de la catastrophe, délaissant les camps humanitaires.

Même si le volcan ne crache plus de lave de façon explosive, les gaz qui s'échappent du cratère représentent un danger plus insidieux pour les milliers de réfugiés. Actuellement, le gaz menace non seulement la population de Goma, mais également les villes voisines. Sans oublier la violence des secousses telluriques qui sévissent toujours dans la région. Les vulcanologues restent prudents : il ne faut pas exclure une nouvelle éruption du Nyiragongo, même si la pression est très faible, d'après Dieudonné Wafula, directeur du centre de Vulcanologie de Goma. "Il semble qu'il n'y ait plus de danger direct dû à l'éruption. Le stock de lave du volcan estimé à 200 millions de mètres cube, s'est écoulé."

Pour les organisations humanitaires, le retour à Goma va compliquer les efforts de secours. Les habitants eux, ont choisi de se frayer un chemin au milieu des coulées, courant parfois sur le magma qui refroidit lentement. Certaines maisons de Goma sont encore debout, et ils semblent que les Congolais aient choisi de rester sur place et passer une quatrième nuit à la belle étoile. En attendant, l'Onu distribue de l'eau et des biscuits vitaminés à une partie des 300.000 réfugiés du côté rwandais de la frontière.

Du haut de ses 3425 mètres, le Nyiragongo semble aujourd'hui moins menaçant, même s'il gronde toujours. Ce stratovolcan - dont le cône est édifié par l'alternance de coulées de lave et de couches pyroclastiques (cendres, lapilli, etc.) - se trouve dans la partie centrale du fossé des Grands Lacs et constitue l'un des huit volcans de la chaîne volcanique des Virunga. Cette chaîne s'étend d'est en ouest sur 20 km de large, et 80 km de long. Elle s'est édifiée sur la branche occidentale du Rift Est-Africain, juste au nord du lac Kivu.

Le Nyiragongo occupe le fond de ce rift et est le dernier actif actuellement avec le Nyamuragira. Il est accompagné de deux importants cratères latéraux, le Baruta au nord, et le Shaheru au sud. Le cône principal abrite un cratère d'un kilomètre de diamètre, rempli de lave en fusion, dont les parois verticales font près de 500 mètres de haut. Après l'éruption de jeudi dernier, ces chiffres devront sûrement être révisés.

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