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L'éruption du Mont Gamkonora vue de l'espace !

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En Indonésie, dans l'archipel des Moluques, un volcan a démarré une phase éruptive qui risque de s'intensifier dans les jours ou les semaines à venir. Plus de huit mille personnes ont déjà fui la région, tandis que le satellite Envisat surveille les moindres soubresauts de la montagne. Mais lundi, il semblait s'être calmé et les réfugiés ont été invités à retourner dans leurs villages.

Panaches de cendres et de fumée de quatre kilomètres de hauteur, jets de pierre, projections de matériaux enflammés : tout indique que le volcan Mont Gamkonora s'est bel et bien réveillé. Sur l'île de Halmahera, dans l'archipel des Moluques (Indonésie), près de 8 500 personnes avaient déjà quitté les lieux en fin de semaine dernière.

Les volcanologues craignent que cette démonstration de violence ne soit que le prélude à une véritable éruption. La dernière date de 1987 mais n'avait pas fait beaucoup de dégâts. Depuis plusieurs siècles, ce volcan haut de 1 635 mètres plutôt gentil s'est contenté de rejeter des cendres durant ses périodes d'activité. Même si, aujourd'hui, le magma ne semble plus très loin de la sortie, on croise les doigts pour que le volcan ne déroge pas à ses habitudes...

Vu d’en haut

Pendant ce temps, à chacune de leurs orbites, les satellites ERS-2 (toujours en pleine forme après plus de dix années dans l'espace) et Envisat surveillent la zone et multiplient les mesures, en optique et par radar. Comme ERS-1, leur ancêtre, ces deux satellites utilisent un radar à synthèse d'ouverture (SARSynthetic Aperture Radar), c'est-à-dire un instrument qui profite du mouvement du satellite pour simuler une antenne de plus grande taille et obtenir une meilleure résolution. Le résultat est une image. Ces radars peuvent en outre être utilisés en interférométrie (c'est la fonction InSar, Synthetic Aperture Radar Interferometry). Dans ce cas, plusieurs prises de vues successives sont cumulées et, par calcul, produisent une image de résolution augmentée (comme dans l'interférométrie utilisée par les astronomes avec les grands télescopes) mais aussi en relief.

Pour la partie optique, Envisat utilise notamment Meris, un spectromètre à multiples fonctions, programmable depuis le sol et capable de surveiller 15 bandes de fréquences entre 390 nanomètres et 1040 nanomètres (soit du violet au proche infrarouge). On peut même s'en servir pour réaliser des images...

Surveillance continue

Grâce à ces instruments, les deux satellites, qui se suivent sur une orbite quasi-polaire et passent au-dessus du volcan avec un décalage de trente minutes, peuvent effectuer des mesures d'altimétrie très précises et déterminer l'avancement de la lave, s'il y en a. En optique, ils sont chargés de surveiller le développement des panaches. Ces observations ne remplacent bien sûr pas les mesures effectuées depuis le sol (composition des rejets gazeux, liquides et solides, températures, etc.).

Le 9 juillet, à l’aide de son instrument Meris, Envisat a pris cette image du nord de l’île Halmahera. Le panache blanc s’étend sur 80 kilomètres vers l’ouest. © ESA

Ce n'est pas une première pour les deux satellites. La surveillance des volcans en activité est venue s'ajouter aux multiples missions de ERS-2 et Envisat, satellites de télédétection concernant l'étude de l'environnement terrestre. Début 2007 en effet, l'ESA s'est engagée dans le programme GlobVolcano pour assurer une mesure continue de plusieurs paramètres au niveau de zones volcaniques actives : altimétrie (avec les SAR), anomalies thermiques, émissions de SO2, nuages de poussières et de cendres.

En avril 2007, le programme avait déjà eu l'occasion d'un test d'envergure avec l'éruption du Piton de la Fournaise, sur l'île de La Réunion. Voici une deuxième occasion de multiplier les mesures...

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