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Grenoble teste un sel "vert" de déneigement

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Biodégradable et non corrosif pour les ciments et les végétaux : Grenoble a profité de l'arrivée des premiers flocons pour expérimenter un sel de déneigement écologique sur une partie de ses 600 km de voiries et de trottoirs.

Avant tout salage curatif (après les chutes de neige), les routes subissent un raclage par un chasse-neige. En ville, ce salage peut notamment endommager le béton et les constructions avec du métal et bien sûr les carrosseries des voitures. © Titiloulou CC by-sa

Trois fois plus cher que le chlorure de sodium utilisé d'ordinaire sur le bitume, un sel au pH neutre, fabriqué à base d'acétate de calcium, a pour principal atout de n'occasionner aucune interaction chimique avec le métal ou le béton, source de pollution. « Grâce au calcium qu'il contient, on ne constate aucune corrosion du métal et aucun échange ionique avec le béton, ce qui pouvait notamment entraîner son gonflement. Ce sel non polluant peut ainsi être pulvérisé avec des laveuses conventionnelles », détaille Jean-Louis Brault, cofondateur de la société grenobloise Selvert. Créée en 2012, cette start-up locale a fait homologuer l'hiver dernier ce sel "vert" qu'elle a conçu dans sa version française simplifiée en collaboration avec des laboratoires grenoblois.

Le déneigement et la lutte contre le verglas sur les voies de communication routières se font encore largement avec du chlorure de sodium. © tv8montblanc, YouTube

Le sel classique attaque les nappes phréatiques au bout de 15 ans

Davantage répandu en Amérique du Nord, où il est utilisé dans une composition moléculaire plus complexe, ce sel écologique se distingue également du chlorure de sodium, polluant aux effets délétères sur la petite faune et flore, par ses propriétés de protection des nappes phréatiques, attaquées en général au bout de 15 ans par le sel conventionnel.

Testé jusqu'alors seulement en laboratoire, ce sel écologique doit encore confirmer son efficacité à grande échelle sur le terrain. « Cette expérimentation qui durera tout l'hiver permettra d'affiner les dosages nécessaires pour passer d'un très bon sel de laboratoire à un très bon sel de terrain », souligne Jean-Louis Brault.

Grenoble a commandé 40 tonnes de sel "vert", sous forme de saumure, moins nocif car dilué dans l'eau. Lors d'un hiver traditionnel, quelque 120 tonnes de saumure sont répandues quotidiennement. Selon Selvert, 2,5 millions de tonnes de sel classique, le chlorure de sodium, sont déversées chaque année sur les routes de France contre 3,5 millions de tonnes en Allemagne.

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