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Une sècheresse a-t-elle eu raison des Mayas ?

ActualitéClassé sous :Terre , Maya , Yancheva

Selon une équipe internationale, la zone tropicale nord a connu une période de forte sécheresse entre 700 et 900 de notre ère, curieusement simultanée de la chute de deux grandes civilisations, les Mayas, au Mexique, et la dynastie Tang, en Chine.

Le site maya de Chichen Itza, dans la péninsule du Yucatan. Vers 850-900, une partie des Mayas a migré dans cette zone avant de disparaître ou de se fondre dans une société différente. Crédit : Jean-Antoine Bloc-Daudé

En reconstituant 16 000 ans de moussons d'Asie et d'Australie, des chercheurs allemands, américains et chinois ont découvert trois épisodes climatiques particuliers, qui auraient provoqué une grande sécheresse au nord de l'équateur. Le dernier se serait déroulé entre 700 et 900 après Jésus-Christ et les auteurs suggèrent que cette sécheresse a contribué à la chute de deux civilisations, la dynastie chinoise Tang et les Mayas, qui, dans les deux cas, s'est produite à la fin de cette période.

Ces géologues ont étudié les sédiments du lac Huguang Maar, au sud-est de la Chine. Par l'analyse des propriétés magnétiques et la teneur en titane, les scientifiques affirment avoir reconstitué avec une haute résolution la force des vents durant les moussons d'hiver. Ce résultat est déjà en soi intéressant car, expliquent les auteurs de l'article, alors que la mousson d'été peut être lue assez facilement, notamment par des dépôts dans les grottes, celle d'hiver est difficile à retrouver.

Conclusion : les vents d'hiver se sont montrés particulièrement violents durant plusieurs périodes. La première a précédé une phase de réchauffement brutal déjà connue, dite Bølling-Allerød, survenue il y a un peu plus de 14 000 ans. La deuxième s'est déroulée durant le Dryas récent (14 000 - 9 000 avant le présent), une période de refroidissement terminée par un réchauffement très brutal. La troisième, enfin, a eu lieu au moment où Tang et Mayas voyaient leur culture décliner. Durant ces trois phases de moussons d'hiver à vent violents, les géologues notent, grâce aux stalagmites, que les pluies des moussons d'été ont au contraire été plus faibles.

Des traces dans les sédiments et dans l'histoire

Cette corrélation entre vents violents en hiver et sécheresse estivale conduit les auteurs à accuser des migrations vers le sud de la zone de convergence intertropicale, ce vaste secteur de basses pressions équatoriales, qui impose le régime des pluies dans toute la zone tropicale. Les étés seraient alors devenus très secs. Or, une telle migration a déjà été mise en évidence au Venezuela (par l'analyse des sédiments) pour la période 700 à 900 de notre ère.

La chute de la brillante société maya, survenue à partir de l'an 900, a donné lieu à bien des interprétations. A cette époque, la construction de pyramides cesse et certains sites sont abandonnés. Une partie de la population semble avoir quitté les basses terres pour gagner, au nord, la péninsule du Yucatan et, au sud, les hauteurs de l'actuel Guatemala.

Pour le spécialiste français Christian Duverger, on ne devrait même pas parler de disparition. La culture et le pouvoir maya auraient progressivement régressé face à l'influence des Toltèques, descendants des Nahuas, un peuple du plateau central du Mexique et qui a construit Teotihuacan (voir L'Histoire, numéro spécial Comment meurent les civilisations, daté de janvier 2007). Du côté des Tang, cette dynastie a subi en 751 une grave défaite militaire faces aux armées arabes et a sans doute eu du mal à s'en remettre. Peut-être faut-il éviter de chercher une explication unique...

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