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La protection de la couche d'ozone a réduit l'effet de serre

ActualitéClassé sous :Terre , effet de serre , climat

La réduction drastique des CFC et autres gaz affectant l'ozone stratosphérique a non seulement favorisé la régénération de cette « couche » protectrice mais elle a aussi réduit la tendance au réchauffement climatique. Et même beaucoup plus que le protocole de Kyoto, affirment les responsables de l'étude.

En protégeant - efficacement - la couche d'ozone, les mesures adoptées dans le protocole de Montréal et appliquées à partir de 1989, auraient en prime fortement contribué à réduire l'intensité du réchauffement planétaire. C'est ce qu'affirment le Hollandais Guus Velders et une équipe américaine dans une récente publication parue dans les Pnas (Proceedings of the National Academy of Sciences).

Leurs conclusions ne proviennent pas d'observations mais de simulations, obtenues en intégrant ou non la réduction des substances affectant l'ozone stratosphérique, appelées SAO. Après sa signature en 1987, le protocole à Montréal a été ratifié en 1988 par 191 pays qui se sont ainsi engagés à supprimer ou diminuer l'émission d'un certain nombre de gaz, comme le halon, les CFC (chlofluorocarbures) ou les HCFC (hydrochlorofluorocarbures), utilisés notamment pour la réfrigération ou les produits en aérosol. L'effet positif de ces mesures a été remarquable. La quantité d'ozone stratosphérique est repartie nettement à la hausse et la teneur initiale (avant l'impact des émissions humaines) sera retrouvée vraisemblablement en 2050.

Guus Velders et ses collègues ont découvert que l'impact de ces SAO sur l'effet de serre a été largement sous-estimé. Les CFC et autres HCFC ont, à masse égale, un pouvoir réchauffant 5 000 à 14 000 fois plus élevé que le dioxyde de carbone (CO2) et 400 fois plus que le méthane. Même si les teneurs atmosphériques en SAO sont minimes par rapport au dioxyde de carbone, leur effet est important.

Evolutions comparées de la teneur de la stratosphère en chlore (chlorine en anglais) et de l'épaisseur de la couche d'ozone (exprimée en pourcentage d'ozone dans la stratosphère), évaluées à partir de mesures depuis des satellites. Si on corrige la courbe de l'effet de l'éruption du Pinatubo (entre juin et août 1991), on remarque l'efficacité du protocole de Montréal sur la régénération de la couche d'ozone. Crédits : NASA/NOAA

Montréal plus refroidissant que Kyoto

D'après les calculs de l'équipe, sans les mesures prises après le protocole de Montréal, le supplément de chaleur absorbée par l'atmosphère aurait été deux fois plus élevé (ce qui ne signifie pas que le réchauffement aurait été deux fois plus grand). Les auteurs se sont lancés dans une comparaison avec les effets du protocole de Kyoto, signé en 1999 par 169 pays, mais non ratifié par les États-Unis ni par l'Australie, et visant, lui, spécifiquement l'effet de serre. Selon eux, l'application intégrale de ces accords de Kyoto conduirait à une réduction des émissions mondiales de 2 milliards de tonnes par an de dioxyde de carbone entre 2008 et 2012. Toujours d'après leurs calculs, la réduction due à la seule diminution des SAO, extrapolée de 1990 à 2010, équivaudrait à une réduction de 8 milliards de tonnes par an. Soit un effet quatre fois plus important !

Guus Velders et ses collègues concluent qu'il existe encore une marge de manœuvre. Car les produits de substitution des CFC et HCFC, comme les PFC (hydrocarbures perfluorés) et les HFC (hydrofluorocarbures), ont eux aussi un effet non négligeable sur l'effet de serre. Ils pourraient à leur tour être avantageusement remplacés par d'autres, inoffensifs pour l'ozone stratosphérique.

Cette - bonne - nouvelle refroidira-t-elle l'ardeur, déjà mollassonne, pour l'application du protocole de Kyoto et, plus généralement, pour la réduction d'émission de dioxyde de carbone ?

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