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Intensité de l'activité solaire et niveaux de récoltes au moyen âge

ActualitéClassé sous :Terre , statistique , activité solaire

La croyance du moyen âge selon laquelle les cieux gouvernent le destin ou la fortune ne serait pas aussi ridicule qu'il n'y paraît.

Eruption solaire

Deux chercheurs israéliens ont établi un lien statistique entre l'activité du Soleil et le prix du froment durant le 17ème siècle en Angleterre. "Aux points du cycle solaire correspondant à une fréquence relativement faible des taches solaires, les prix du froment tendaient à être élevés," font remarquer Lev Pustilnik de l'Université de Tel Aviv et Gregory Yom Din du Golan Research Institute (Kazrin, Israël). De mauvaises récoltes et des prix élevés pouvaient avoir des conséquences sociales dramatiques en raison des émeutes qui pouvaient en résulter.

Les taches solaires sont des régions plus sombres et moins chaudes du Soleil. Elles sont souvent le lieu d'explosions gigantesques appelées éruptions solaires. L'intensité de l'activité solaire y est donc liée. Les variations de cette activité signifient des variations de l'intensité du vent solaire, du jet de particules chargées en provenance de notre étoile parcourant le système solaire. Lorsque le vent solaire est fort, il est plus difficile pour les particules chargées de l'espace lointain de pénétrer l'atmosphère terrestre. Au niveau de l'atmosphère, ces rayons cosmiques entrent en collision avec les molécules présentent dans l'air et produisent des ions, lesquels facilitent la formation de gouttelettes de nuages. Ainsi, dans les périodes de forte activité solaire, le ciel est moins nuageux. Ceci a été confirmé récemment par les observations satellitaires.

"Les conséquences de tout ceci quant aux niveaux de productions agricoles sont difficiles à prévoir," précisent les chercheurs. Une grande quantité aussi bien qu'une faible quantité de pluie peuvent affecter les récoltes de la même manière. Les chercheurs supposent cependant que dans l'Angleterre médiévale, une forte couverture nuageuse présentait plus de risque qu'une faible couverture, les sécheresses étant rares. Ils s'attendaient donc à constater une plus grande instabilité des prix du froment durant les périodes de faible activité solaire. Afin de vérifier leur hypothèse, ils ont étudié les données relatives aux prix des grains et à la quantité de beryllium-10 dans les glaces du Groenland. Le beryllium-10 est un isotope produit dans l'atmosphère par les rayons cosmiques. Il note ainsi l'activité solaire.

Pour la totalité des dix cycles solaires qui sont intervenus entre 1600 et 1700, de hauts prix du froment ont coïncidé avec une faible activité solaire et inversement. "La probabilité pour que cela se produise était inférieure à 1 sur 500," font remarquer les chercheurs.

Ces résultats pourraient aider à redorer certaines réputations ternies. Lorsque l'astronome britannique William Herschel par exemple suggéra un lien entre les taches solaires et les prix du froment en 1801, cela parut ridicule et il dut annuler ses cours sur le sujet.

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