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L'effet retard de l'effet de serre...

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La composition des atmosphères retenues prisonnières dans les glaces polaires renseigne les chercheurs sur les épisodes glaciaires et interglaciaires traversés par notre planète, y compris sur la manière dont les gaz à effet de serre, tels le CO2 et le CH4, interviennent dans ces processus. Il y a un effet multiplicateur dans un sens comme dans l'autre.

L'effet retard de l'effet de serre...

Les sondages de Vostok montrent qu'au cours des 420 000 dernières années, les concentrations de ces deux gaz dans l'atmosphère n'ont cessé de varier. Lors des glaciations, ces concentrations diminuent avec la température tandis qu'en période de réchauffement interglaciaire, elles sont à la hausse.

Mais quel est le phénomène qui enclenche l'autre ? Est-ce la hausse de température qui amène à l'augmentation des gaz en question ou le contraire ?

Aujourd'hui, le phénomène est bien compris par la communauté scientifique. Les variations climatiques cycliques lues dans les glaces sont initiées par des phénomènes astronomiques, tels que la variation de la distance entre le Soleil et la Terre ou de l'inclinaison de l'axe de la Terre. Mais une fois celles-ci déclenchées, la concentration des gaz atmosphériques joue un effet amplificateur.

En ce qui concerne le méthane, par exemple, sa production relève de la fermentation des bactéries qu'on retrouve dans les régions marécageuses périglaciaires (Nord du Canada, Sibérie...). Prisonnières du pergélisol, ces bactéries enkystées se "réveillent" lors des périodes interglaciaires et se mettent à produire d'importantes quantités de méthane. Ce qui amplifie l'effet de serre et augmente davantage encore la température. À l'inverse, lorsqu'un nouvel épisode glaciaire démarre, les premiers refroidissements engourdissent ces mêmes bactéries qui très vite se figent. Et on assiste à une baisse rapide de la concentration de ce gaz dans l'atmosphère.

Un raisonnement identique vaut pour les océans et le CO2. C'est ici une question de phytoplancton.

Une remarque toutefois : si le principe en question semble simple et quasi immédiat sur papier, dans les faits, ces effets amplificateurs et accélérateurs des tendances climatiques durent au bas mot... quelques milliers d'années.

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