La Terre a connu sa pire extinction de masse il y a250 millions d'années. Il a fallu plusieurs millions d'années à la vie pour s'en remettre. © Jens, Adobe Stock
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Ces créatures furent les premières à se relever de la pire extinction de masse de l’histoire de la Terre

ActualitéClassé sous :Sixième extinction de masse , Biodiversité , océan

[EN VIDÉO] Biodiversité : sommes-nous entrés dans la sixième extinction de masse ?  Depuis quelques années, la biodiversité fait régulièrement la Une des médias. Elle serait en train de s’effondrer. En 40 ans, l’effectif des populations de vertébrés sauvages a décliné de 60 %, d’après le WWF. Au point d’affirmer que l’humanité provoque la 6e extinction de masse ? Gilles Bœuf, président du conseil scientifique de l’Agence française pour la Biodiversité, dévoile ses arguments sur la question. 

La Terre a déjà connu plusieurs épisodes d'extinction de masse. La pire d'entre elles est survenue il y a environ 250 millions d'années. Et devinez qui s'en est relevé le plus rapidement...

Il y a environ 250 millions d'années, la Terre a connu la pire des extinctions de masse de son histoire. Presque toutes les espèces marines ont alors disparu. Ainsi que les trois quarts des espèces terrestres. La vie a mis des millions d'années à s'en relever. En commençant par quelques petites bêtes fouisseuses du fond des océans, nous apprennent aujourd'hui des chercheurs d'une équipe internationale.

L'information se cachait dans les fonds marins du sud de la Chine. Au cœur de traces fossiles trahissant 7 millions d'années cruciales à notre histoire. Pour les animaux à corps mou, les invertébrés, des traces de sentiers et de terriers. Sur pas moins de 400 points d'échantillonnage. Un ensemble de données remarquable.

Crevettes et vers marins semblent particulièrement résilients face à de fortes teneurs en CO2. © Philippe Bourjon, Wikipédia, CC by-SA 4.0

L’incroyable résilience des vers marins et des crevettes

Les analyses menées par les chercheurs montrent qu'il a fallu environ 3 millions d'années aux invertébrés les plus hardis pour récupérer de cet événement d'extinction de masse. Et retrouver leur population passée. Les dépositivores -- c'est le nom que l'on donne aux espèces qui se nourrissent de la matière organique qui se dépose au fond de l'eau --, comme les crevettes ou les vers, ont ainsi été les premiers à se rétablir. Les suspensivores -- qui se nourrissent de substances en suspension -- ont eu plus de mal.

Les invertébrés qui se nourrissent de matières déposées au fond des océans, comme les crevettes, auraient été les premiers à se remettre de la plus grande extinction de masse qu’a connue notre Terre. © Serhii, Adobe Stock

Les chercheurs soupçonnent d'ailleurs que le succès des premiers a mis en difficulté les seconds. Ainsi crevettes et vers auraient tant agité les fonds que leurs cousins suspensivores ont peiné à retrouver leur équilibre dans cette eau boueuse.

Mais les chercheurs imaginent aussi que les invertébrés, grâce à leur résilience face à de fortes teneurs en CO2 -- comme celles que connaissait alors notre Planète --, ont peut-être joué un rôle important dans le rétablissement de l'écosystème après d'autres grandes extinctions. Peut-être en déclenchant les innovations évolutives qui sont apparues dans la foulée.

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