Dans certaines régions de la planète, les Hommes et les grands singes vivent ensemble. © Nicolas Granier, Biotope et Les chimpanzés de Bossou et Nimba, Green Corridor Charity

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En vidéo : la crise du coronavirus a-t-elle sonné le glas de la cohabitation entre les Hommes et les grands singes ?

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[EN VIDÉO] Live : la cohabitation est-elle toujours possible entre hommes et grands singes après la crise du coronavirus ?  Futura a invité Fabien Quétier, ingénieur agronome et docteur en écologie au bureau d’étude Biotope, et Nicolas Granier, docteur en écologie et primatologue également pour Biotope, à partager avec nous leurs expériences de cohabitation avec des grands singes. 

La crise du coronavirus nous a tous un peu contraints à repenser nos modes de vie. Notre façon d'entrer en contact avec les autres ou notre manière de travailler, par exemple. Elle nous a aussi emmenés à réfléchir aux liens que nous entretenons avec la faune sauvage. À l'occasion de son dernier live Facebook, Futura a invité Fabien Quétier, ingénieur agronome et docteur en écologie au bureau d'étude Biotope, et Nicolas Granier, docteur en écologie et primatologue également pour Biotope, à partager avec nous leurs expériences de cohabitation avec des grands singes. À revoir en vidéo.

Orangs-outans, gibbons, macaques, chimpanzés. Dans le monde, il existe plus de 500 espèces de primates. Une richesse extraordinaire. Mais selon les scientifiques, 60 % de ces espèces sont aujourd'hui en danger d’extinction. En cause : les activités humaines. La pression de l'agriculture, l'exploitation des forêts et l'élevage, notamment. Entre 1990 et 2010, par exemple, l'expansion agricole a empiété sur l'habitat des primates sur une surface de 1,5 million de kilomètres carrés, soit presque trois fois la surface de la France métropolitaine.

Nous partageons avec eux, près de 95 % de notre ADN

Plus récemment, c'est la crise du coronavirus qui a fait peser sur les grands singes une menace de plus : celle de contracter une nouvelle maladie, transmise par les Hommes. C'est déjà arrivé par le passé. « Il ne faut pas oublier que nous partageons avec eux, près de 95 % de notre ADN », souligne pour Futura, Fabien Quétier, docteur en écologie au bureau d'étude Biotope. La pandémie de Covid-19 constitue donc pour les grands signes, un réel danger de voir leurs populations déjà menacées, disparaître à jamais.

Et c'est sans parler des dommages collatéraux de cette crise. « Avec les mesures sanitaires prises par les gouvernements, le tourisme a marqué un temps d'arrêt. Or, ce sont notamment les recettes de l'écotourisme qui alimentent les programmes de conservation des grands singes. Faute de ressources, les patrouilles ont été réduites et les braconniers en ont vite profité », remarque Fabien Quétier.

En Guinée, Hommes et chimpanzés partagent le même territoire. © Nicolas Granier, Biotope et Les chimpanzés de Bossou et Nimba, Green Corridor Charity

Une cohabitation à travailler

Mais il ne faut pas oublier que vivre à proximité des grands singes peut aussi exposer les Hommes à quelques risques. « En Guinée - où le bureau d'étude Biotope mène un projet de conservation - lorsque l'eau vient à se faire rare, il arrive que des femmes soient agressées par des chimpanzés sur le bord des rivières », nous raconte Nicolas Granier, primatologue.

C'est cependant surtout au risque de voir émerger de nouvelles maladies que l'on pense. Chauve-souris, pangolin. Les chercheurs ne savent pas exactement d'où vient le coronavirus responsable de la pandémie de Covid-19. Ce qui ne fait aucun doute, c'est son origine naturelle. Ainsi, cette crise sanitaire mondiale a mis en lumière un nouvel aspect de notre rapport à cette nature sauvage. La bousculer, c'est courir le risque de contracter des maladies nouvelles, potentiellement graves, voire mortelles.

Pour prendre en compte tous ces paramètres et établir les plans de sauvegarde les plus efficaces et durables pour tous, le bureau d'étude Biotope travaille en étroite collaboration avec les populations locales. En Guinée, notamment, où Hommes et chimpanzés ont encore l'habitude de cohabiter, de manière généralement apaisée. Partageant eau et nourriture. Se rendant mutuellement des services. Un modèle transposable ? C'est ce que Fabien Quétier, Nicolas Granier et leurs équipes tentent de savoir.

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