Un trou dans la couche d'ozone s'est bien installé en septembre. @ Philipp Schilli, Adobe Stock
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Pourquoi le trou d’ozone austral s’est agrandi en septembre plus que les autres années

ActualitéClassé sous :Réchauffement climatique , ozone , atmosphère

Depuis l'accord international du protocole de Montréal, la couche d'ozone, située dans la stratosphère, est surveillée en permanence d'autant que les mécanismes qui conduisent à sa destruction dans les régions polaires sont bien compris. Les chercheurs continuent d'observer chaque année la concentration et l'évolution interannuelle de l'ozone durant la période de destruction saisonnière maximale. Et en septembre, un trou d'ozone austral s'est bien installé.

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[EN VIDÉO] La couche d'ozone surveillée par les satellites  En absorbant le rayonnement ultraviolet du Soleil, la couche d’ozone protège les êtres vivants à la surface de la Terre. Elle est indispensable. Mais des scientifiques ont observé dès le milieu des années 1970, une inquiétante diminution de sa concentration dans la stratosphère sous les effets délétères des fameux CFC (entre autres). Depuis le protocole de Montréal (1987), qui a abouti à une prise de conscience internationale, des mesures ont été prises pour soigner le problème. Le « trou dans la couche d’ozone » est-il en voie de guérison ? Il semble que oui. Des satellites surveillent les fluctuations de ce gaz dans la haute atmosphère, sous l’influence du Soleil et des activités humaines… 

Située dans la stratosphère, la couche d'ozone agit comme un bouclier qui protège la vie sur Terre contre les rayons ultraviolets nocifs. Les concentrations en ozone sont surveillées en continu depuis qu'un traité international, le protocole de Montréal signé en 1987, réglemente la production des halocarbures, composés chimiques qui contiennent du chlore et du brome et qui sont à l'origine de la destruction de l'ozone en Antarctique.

Les chercheurs et les ingénieurs du Laboratoire « atmosphères et observations spatiales » (Latmos-IPSL, CNRS / UVSQ / Sorbonne Université / Cnes) utilisent les observations des 3 instruments IASI des satellites Metop (IASI pour Infrared Atmospheric Sounding Interferometer) pour surveiller l'ozone au quotidien.

Un « hiver stratosphérique » très froid et persistant explique la formation d'un trou d'ozone de même importance qu'en 2015. © Anne Boynard, Latmos

Une très forte diminution d'ozone

La première quinzaine de septembre est la période pendant laquelle la destruction catalytique de l'ozone est la plus forte, mais elle peut se poursuivre jusqu'en octobre, tant qu'il fait assez froid. Les quantités de substances responsables de la diminution d'ozone baissent comme prévu, mais certaines années, les températures plus froides font que la superficie et l’amplitude du trou d’ozone sont plus importantes.

Les conditions météorologiques de septembre 2020 ont rendu très stable le vortex polaire au-dessus de l'Antarctique et ainsi entraîné une diminution d'ozone significative au cours de ces dernières semaines. Les observations satellitaires du sondeur IASI montrent qu'il s'agit de la deuxième plus forte diminution observée depuis 15 ans, avec une amplitude égale ou juste inférieure à celle de 2015. Ce phénomène s'explique donc par un « hiver stratosphérique » très froid et persistant. L'an passé, en 2019, c'était la situation inverse et le trou d’ozone était beaucoup plus réduit !

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