L’oxygène est un élément essentiel à la vie dans l’océan — comme ailleurs. Mais nos émissions de CO2 font diminuer la teneur en oxygène dans les océans depuis déjà 50 ans maintenant. Et des chercheurs du Helmholtz Centre for Ocean Research Kiel (Allemagne) annoncent que cela n’est pas près de changer. © winyu, Adobe Stock
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Les océans étouffent à cause de nos émissions de CO2

ActualitéClassé sous :Réchauffement climatique , océan , désoxygénation

[EN VIDÉO] L’inquiétant réchauffement des océans  En 2020, les océans ont absorbé l’équivalent de 20 sextillions de joules. Jamais depuis 1955 la température de l'océan n’a été aussi élevée. 

Lorsque le taux de CO2 augmente dans l'atmosphère, la teneur en oxygène diminue dans les océans. Et des chercheurs nous préviennent aujourd'hui : nous ne sommes qu'au tout début de cette désoxygénation globale. Même si nous parvenions à stopper net nos émissions de CO2, elle se poursuivrait encore pendant plusieurs siècles.

Nos émissions de CO2 font peu à peu grimper les températures sur Terre. Mais elles ont un autre effet, peut-être moins visible encore. Elles contribuent pour grande part à la désoxygénation de nos océans, en faisant diminuer la solubilité dans l'eau des gaz en général et de l'oxygène en particulier. Et en ralentissant les circulations océaniques et le brassage vertical. Ces cinquante dernières années, nos océans ont ainsi perdu environ 2 % de leur oxygène.

Aujourd'hui, des chercheurs du Helmholtz Centre for Ocean Research Kiel (Allemagne) signalent que moins d'un quart de la désoxygénation des océans, qui sera finalement causée par nos émissions historiques de CO2, a déjà eu lieu. En d'autres mots, même si nous stoppions à l'instant nos émissions, les concentrations en oxygène dans nos océans continueront à baisser pendant encore des siècles. « Pour atteindre plus de quatre fois ce que nous avons enregistré jusque-là », précise Andreas Oschlies, chercheur, dans un communiqué. L'océan profond devrait ainsi perdre plus de 10 % de sa teneur en oxygène préindustrielle.

Après avoir touché les couches superficielles de l’océan, la désoxygénation en cours du fait de nos émissions de CO2 devrait se poursuivre pendant des siècles dans les profondeurs. © C. Kersten, A. Oschlies, Helmholtz Centre for Ocean Research Kiel

Les profondeurs plus durablement touchées

Les chercheurs notent en effet que, sur le long terme, la désoxygénation a lieu principalement -- à 80 %, avancent-ils -- dans les couches plus profondes des océans. Car une circulation plus lente augmente les temps de séjour de l'eau et l'accumulation de la demande respiratoire en oxygène. Avec un impact sur les écosystèmes pouvant aller jusqu'à une perte de 25 % de la vie, en particulier en haute mer -- soit en dessous de 2.000 mètres. Un environnement qui, jusqu'alors, était considéré par les océanographes comme particulièrement stable.

Les couches supérieures de l'océan sont, quant à elles, plus sensibles au réchauffement. Une mauvaise et une bonne nouvelle à la fois. Mauvaise parce qu'elles souffrent donc déjà d'une expansion des zones de minimum d'oxygène. Bonne parce que cette expansion peut être stoppée en quelques années si nos émissions de CO2 sont elles aussi arrêtées. Une action climatique rapide et ambitieuse pourrait donc sauver au moins les écosystèmes proches des surfaces.

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