Le père Noël est passé. La dinde est digérée. Il reste juste peut-être encore quelques chocolats à savourer. Mais vous êtes-vous demandé combien tout cela a coûté à notre Planète ? Pour Futura, Alexis Normand apporte quelques réponses tirées d’une récente étude publiée par Greenly dont il est le CEO et fondateur.

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En 2020, Pierre Hurmic, le maire écolo de la ville de Bordeaux, avait décidé de rompre avec la tradition et de ne pas faire installer de sapin de Noël sur la place devant son Hôtel de Ville. Un an plus tard, il relançait la polémique en troquant l'« arbre mort » contre l'œuvre de onze mètres de haut, tout de verre et d'acieracier -- recyclés et recyclables, s'il vous plaît -- d'un designer. Mais un sapinsapin de Noël vaut-il réellement autant de battage médiatique ? Pas si sûr à en croire l'étude publiée par Greenly, une société spécialiste du bilan carbone des entreprises.

« La question de l'empreinte carbone de cette tradition du sapin de Noël se pose tous les ans, commente pour nous Alexis Normand, CEO et fondateur de Greenly, spécialiste de l'empreinte carbone des entreprises.  Le mieux, c'est d'opter pour un vrai sapin en pot que l'on replantera ensuite. Dans la mesure du possible ». Mais, en tout état de cause, l'analyse de Greenly montre que le sapin n'est pas -- et de très loin -- celui qui plombe le bilan carbone du Noël des Français. « Avec les décorationsdécorations, le poste "sapin" ne compte pas pour plus de 6 % des émissions de carbone de Noël », poursuit Alexis Normand.

Le saviez-vous ?

Pour évaluer les émissions rattachées au poste « cadeaux », par exemple, Greenly a travaillé à partir d’études menées par Dealabs, LSA-conso, Fnac ou encore Ebay. « Nous avons converti ces données en kilogrammes CO2-équivalent en nous basant essentiellement sur les facteurs d’émissions proposés dans la Base Carbone de l’Ademe », nous explique Alexis Normand, CEO et fondateur de Greenly.

C'est beaucoup moins que la part du poste « repas ». Et encore moins que celle du poste « cadeaux ». Le premier représente 23,5 % des 400 kilogrammeskilogrammes de CO2-équivalent émis en moyenne par un foyer français à Noël (un foyer de 2,2 personnes, selon les chiffres Insee). Alors que le second compte jusqu'à 58,9 %. Le reste -- soit près de 12 % -- incombant au poste « déplacements ».

L’empreinte carbone de quelques-uns de mets que nous avons tendance à mettre sur la table de Noël. © Greenly
L’empreinte carbone de quelques-uns de mets que nous avons tendance à mettre sur la table de Noël. © Greenly

Douze fois plus d’émissions qu’une soirée classique

Ainsi, le « poste à abattre » n'est pas le poste « sapin », mais bien le poste « cadeaux ». « Pour réduire l'empreinte carbone de notre Noël, nous pouvons limiter le nombre de cadeaux. Mais ça ne va peut-être pas plaire à tout le monde », commente Alexis Normand en souriant. En moyenne, les Français offrent tout de même six cadeaux. Il y a donc de la marge. Toutefois, pour ceux qui tiennent à mettre beaucoup de paquetspaquets sous le sapin, il reste l'option du cadeau reconditionné. D'autant que dans le budget cadeau -- environ 250 euros par foyer --, la part du high-tech est importante. Or c'est un secteur fortement émetteur. « Dans lequel la préférence pour l'achat du neuf est encore très marquée », souligne le CEO de Greenly.

« Finalement, la soirée de Noël, c'est environ douze fois plus d'émissionsémissions qu'une soirée plus classique. Notre objectif, c'est d'apporter un regard différent sur ce moment-là. D'interroger nos habitudes de consommation. De montrer que tout ça n'est pas une fatalité. »

« La majorité des cadeaux de Noël, c'est de l'importation, nous rappelle ainsi Alexis Normand. Or acheter de la tech ou des jouets "made in China", c'est faire tourner des usines qui produisent pour la plupart à partir de charbon. Ce que nous espérons vraiment, en publiant ce type d'étude, c'est encourager la transparencetransparence. Pousser les fabricants de jouets -- et de produits tech -- à réduire leur empreinte carbone. Pour cela, il faut réussir à organiser un suivi des émissions des entreprises. Aujourd'hui, seulement 20 % font l'objet d'un pilotage. Pour atteindre l'objectif de réduction de 50 % de l'empreinte carbone des entreprises d'ici 2030, il faudra beaucoup plus ».