Des chercheurs de l’université de l’Arizona (États-Unis) ont reconstitué l’évolution des températures mondiales sur les 24.000 dernières années. Ils notent que le réchauffement climatique que nous vivons aujourd’hui est « sans précédent ». © K I Photography, Adobe Stock
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L’étude de 24.000 ans de températures montre que le réchauffement actuel est « sans précédent »

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Ils sont nombreux à penser que ce sont les leçons du passé qui permettront d'éclairer nos choix pour le futur. Parmi eux, une équipe de chercheurs qui présentent aujourd'hui une formidable reconstitution des évolutions des températures au cours des 24.000 dernières années. Une reconstitution qui met, comme jamais peut-être auparavant, en lumière toute la gravité du réchauffement climatique anthropique.

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[EN VIDÉO] Interview : existe-t-il une température maximale ?  Puisqu’il existe une température minimale qui représente l’immobilité presque absolue des atomes ou des molécules (-273,15 °C), l'impossibilité de dépasser la vitesse de la lumière impose-t-elle une température maximale ? Dans le cadre de sa série de vidéos Questions d’experts sur la physique et l’astrophysique, l’éditeur De Boeck a interrogé José-Philippe Pérez, professeur émérite à l’Université de Toulouse, afin qu’il réponde à cette question. 

Pour mieux comprendre le présent et espérer prévoir l'avenir, il faut en savoir plus sur le passé. C'est en partant de ce principe que des chercheurs de l’université de l’Arizona (États-Unis) se sont penchés sur les évolutions de températures au cours des 24.000 dernières années. Et leurs travaux montrent que la vitesse à laquelle se produit le réchauffement climatique anthropique est tout simplement « sans précédent ».

L'équipe dirigée par un expert reconnu notamment pour ses contributions au Giec, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, Jessica Tierney, a travaillé sur des cartes de changements de température mondiale pour des intervalles de 200 ans. Des cartes qui, pour la première fois, portent une dimension spatiale. Permettant à chacun de visualiser l'évolution des températures à l'endroit où il est né ou à l'endroit où il vit. De quoi, assurent les chercheurs, « comprendre à quel point le réchauffement climatique anthropique est grave ».

Pour assurer un maximum de précision à leur reconstruction, les chercheurs se sont un peu mis à la place de météorologues. Ceux-ci, en effet, exploitent des modèles et y ajoutent des observations pour en sortir les prévisions les plus proches possibles de la réalité. L'idée, donc, a, cette fois, été appliquée au climat du passé.

Des motifs d’inquiétude

Les chercheurs ont, d'une part, travaillé sur les signatures chimiques des sédiments marins. Car les changements de température au fil du temps peuvent affecter la coquille d'un animal mort depuis longtemps. Des mesures sur lesquelles les paléoclimatologues ont pour habitude de s'appuyer pour estimer la température dans une zone.

D'autre part, les chercheurs ont fait appel à des modèles climatiques. Ils permettent d'accéder à des informations sur les températures passées tenant compte de la meilleure compréhension que les scientifiques ont actuellement de la physique du climat.

Résultat : des reconstructions contraintes par l'observation, cohérentes dynamiquement et spatialement complètes du changement climatique passé. Une méthode que l'équipe a même déjà commencé à appliquer sur des évolutions remontant plus loin dans le passé. À des périodes où les températures étaient plus élevées. Des périodes qui pourraient nous renseigner sur notre avenir à mesure que nos émissions de gaz à effet de serre augmentent.

En attendant, ces premiers travaux confirment que l'augmentation des concentrations de gaz à effet de serre et le recul des calottes glaciaires constituent les principaux moteurs du réchauffement climatique depuis la dernière période glaciaire. Ils suggèrent aussi une tendance générale au réchauffement au cours des 10.000 dernières années. Ainsi qu'une ampleur et un rythme de réchauffement au cours des 150 dernières années dépassant de loin ceux des autres changements. « Le fait que nous soyons aujourd'hui si loin des limites de ce que nous pourrions considérer comme normal est un motif d'inquiétude et devrait questionner tout le monde », souligne Matthew Osman, l'auteur principal de l'étude.

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