Selon des chercheurs, neuf points de non-retour ont désormais été franchis sur fond de réchauffement climatique. Une cascade de conséquences est à craindre. © Nasa Earth Observatory

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Changement climatique : la moitié des points de non-retour atteints plus vite que prévu

ActualitéClassé sous :Réchauffement climatique , point de non-retour , cascade de conséquences

En matière de climat, les scientifiques définissent des points de non-retour comme des seuils qui, une fois dépassés, entraînent des changements importants au niveau de notre planète. Et justement, certains d'entre eux seraient d'ores et déjà dépassés, faisant craindre une cascade de conséquences dramatiques.

« Il y a une décennie, nous avons identifié une série de points de non-retour potentiels dans le système terrestre. Les politiciens, les économistes et même quelques scientifiques refusaient de croire qu'ils puissent un jour être atteints. Pourtant aujourd'hui, nous avons la preuve que plus de la moitié d'entre eux ont été dépassés. » C'est le triste constat que partagent des chercheurs dans la revue Nature. En cause, vous l'aurez compris : le réchauffement climatique provoqué par les activités humaines.

Nous avons sous-estimé les risques.

Comme c'est le cas pour les émissions de gaz à effet de serre, les pressions augmentent et continuent à s'élever au-delà de niveaux déjà sans précédent. « Mais nous devons aussi reconnaître que nous avons sous-estimé les risques », souligne Johan Rockström, directeur de l'Institut de recherche sur les impacts du climat de Potsdam (Allemagne). Ceux d'une Terre qui finalement semble « autoamplifier » son réchauffement. Et pour définir à quel point, les chercheurs devront encore travailler dur.

Par le passé, les experts pensaient ainsi que pour mettre en danger notre planète, il faudrait atteindre une température de 5 °C supérieure aux moyennes préindustrielles. Ils ont, depuis, revu leur copie. Ils estiment désormais qu'un réchauffement de 1 à 2 °C serait suffisant pour provoquer une cascade de catastrophes.

Un réchauffement de 1,5 °C au-dessus des moyennes préindustrielles pourrait condamner les glaces du Groenland. Il semble donc que les générations futures soient condamnées à vivre avec un niveau de la mer bien plus élevé qu’il ne l’est aujourd’hui. Mais la vitesse à laquelle celui-ci sera atteint semble encore pouvoir être contrôlée : 10.000 ans avec un réchauffement de +1,5 °C, seulement 1.000 ans avec un réchauffement de +2 °C. © Maridav, Adobe Stock

Limiter nos émissions de toute urgence

Or la température globale est aujourd'hui déjà de 1,1 °C supérieure aux moyennes préindustrielles. Et il est probable que la Terre franchira la barre des +1,5 °C dès 2030. Il n'y a, de toute évidence, plus de temps à perdre pour déclarer un état d’urgence planétaire. Car, à en croire les chercheurs, le réchauffement climatique menace désormais l'existence même des civilisations humaines.

Dressant la liste des effets du changement climatique qui pourraient d'ores et déjà être irréversibles, ils évoquent la fonte de la calotte glaciaire antarctique et la disparition du permafrost arctique qui pourraient provoquer une montée du niveau de la mer de dix mètres. La disparition de larges pans de forêts boréales et de la forêt amazonienne, également, qui entraîne une libération supplémentaire de CO2 dans l'atmosphère. Mais aussi le blanchiment des coraux ou encore le ralentissement du Gulf Stream.

« Il ne s'agit pas d'être alarmiste, remarque Tim Lenton, chercheur à l'université d'Exeter (Royaume-Uni). Même s'il faut désormais agir de toute urgence et que peut-être LE point de non-retour a déjà été franchi, nous avons encore le pouvoir de limiter les risques encourus... en réduisant immédiatement nos émissions ».

  • La crise climatique entre dans une nouvelle phase.
  • Plus de la moitié des points de non-retour définis par les chercheurs ont été dépassés.
  • Mais les experts restent optimistes quant à nos capacités à limiter les risques d’une cascade de phénomènes catastrophiques.
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