La pollution atmosphérique tue. L'OMS revoit ses critères d'évaluation des polluants à la hausse afin d'éviter des millions de morts. © Soloviova Liudmyla, Adobe Stock
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Pollution de l'air : l’OMS revoit (enfin !) ses recommandations dans l'espoir d'éviter des millions de morts

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Futura avec l'agence ETX Daily Up

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[EN VIDÉO] Interview 4/5 : la pollution, quels risques pour la santé ?  Avec l’augmentation des taux de pollution se pose la question de son impact sur la santé humaine. Chaque polluant a des effets différents, certains immédiats et visibles, d’autres retardés et plus insidieux. Afin de clarifier la question, nous avons interviewé Philippe Hubert, directeur des risques chroniques de l’Ineris. 

L'organisation mondiale de la Santé hausse le ton et durcit ses critères relatifs à la qualité de l'air qui concernent six polluants dont les dernières études démontrent qu'ils sont une grave menace pour la santé et l'environnement. Aucun pays n'est épargné par la pollution atmosphérique et des millions de vie pourraient être sauvées si ses préconisations étaient appliquées.

Pour la première fois depuis 2005, l'Organisation mondiale de la Santé a fixé de nouvelles limites pour les polluants présents dans l'air, à l'origine de sept millions de décès prématurés chaque année. Si ces nouvelles recommandations sont suivies, l'OMS estime que 80 % de ces morts pourraient être évités.

« L'exposition à la pollution atmosphérique entraîne sept millions de décès prématurés et la perte de millions d'années de vie en bonne santé chaque année », révèle l'OMS dans un communiqué. Seize ans après ses dernières lignes directrices sur la pollution atmosphérique, l'Organisation mondiale de la Santé dévoile ses nouvelles recommandations. Si ces lignes directrices ne sont pas juridiquement contraignantes pour les États, elles ont pour vocation d'aider les décideurs politiques dans leur choix.

L'OMS a abaissé les seuils de référence des principaux polluants atmosphériques que sont les particules en suspension, l'ozone, le dioxyde d'azote, le dioxyde de soufre et le monoxyde de carbone. Selon l'organisme, leur réduction améliorera la qualité de l'air tout en « atténuant les changements climatiques mondiaux ».

L'OMS estime que 80 % des décès liés à la pollution de l'air pourraient être évités. © Hung_Chung_Chih, Getty Images

La pollution de l'air, une menace pour tous les pays

Les particules d'un diamètre égal ou inférieur à 10 et 2,5 microns (μm), aussi nommés (PM₁₀ et PM₂.₅) peuvent pénétrer dans les poumons. Les plus petites d'entre elles, les PM₂.₅ ont majoritairement un effet sur les systèmes respiratoires et cardiovasculaires car elles peuvent entrer dans la circulation sanguine. 

Selon l'OMS, en 2019, « plus de 90 % de la population mondiale vivait dans des régions où les concentrations dépassaient les seuils de référence par l'OMS en 2005 concernant l'exposition prolongée aux PM₂.₅ ». Une situation alarmante pour le Dr Tedros Adhanom, directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé, « la pollution de l'air est une menace pour la santé dans tous les pays, mais elle frappe surtout les populations des pays à revenu faible ou intermédiaire », explique-t-il dans un communiqué.  

Chez l'enfant, la pollution atmosphérique « pourrait même entraver le développement des poumons »

L'organisation s'attend à une augmentation de maladies liées à la pollution après la diffusion des nouveaux seuils, plus bas que son ont précédé. En 2019, les régions de l'Asie du Sud-Est et la région de la Méditerranée orientale ont les concentrations annuelles de PM₂.₅ les plus élevées, pondérées en fonction du nombre d'habitants.

Selon l'organisation onusienne, chez l'enfant, la pollution atmosphérique « pourrait même entraver le développement des poumons, limiter la fonction pulmonaire, provoquer des infections respiratoires et aggraver l'asthme». Pour les adultes, elle peut causer des accidents vasculaires cérébraux ainsi que des cardiopathies ischémiques (maladie du cœur). Selon les dernières données de l'OMS, elles peuvent être à l'origine du diabète et de maladies neurodégénératives

Près de 80 % des décès liés à la pollution atmosphérique pourraient être évités si les recommandations de l'OMS sont suivies, soulignent le communiqué. 

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