Le pollen qui rend difficiles les vies de nombreux allergiques pourraient bien servir à l’avenir à extraire des substances toxiques des eaux polluées. © Free-Photos, Pixabay License

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Du pollen pour absorber les substances toxiques de l’eau polluée

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Produits phytosanitaires, produits pharmaceutiques, nettoyants ménagers. Les eaux contiennent de plus en plus de polluants difficiles à éliminer par des méthodes traditionnelles. Alors les chercheurs travaillent sur de nouvelles pistes. Parmi elles, celle du pollen.

Le pollen, certains y sont allergiques et aimeraient le voir disparaître. Mais il est indispensable à la reproduction des plantes à graines. Et des chercheurs de l'université de Hull (Royaume-Uni) assurent aujourd'hui qu'il est capable d'absorber, comme autant de microscopiques éponges, des substances toxiques dans les eaux polluées.

Ils ont tout particulièrement étudié le cas du Lycopode en massue (Lycopodium clavatum). À l'état naturel, ses grains de pollen renferment, dans une enveloppe dure recouverte d'une couche de cire et de protéines, du matériel génétique. Et les chercheurs britanniques se sont aperçus que certains composés avaient tendance à venir se coller sur cette enveloppe.

Les surfaces perforées des grains de pollen traités, grossies ici environ 300 fois, peuvent éliminer les produits chimiques indésirables de l’eau polluée. © Andrew Boa et Aimilia Meichanetzoglou, Université de Hull

Un pollen hypoallergénique

En y apportant des modifications de surface, il serait même possible de cibler certains polluants. Ainsi pour éliminer le phosphate - très présent dans de nombreux engrais -, les chercheurs déposent de l'oxyde de fer sur la coquille du grain de pollen. Celui-ci réagit avec le phosphate pour former un phosphate de fer insoluble. Ainsi les grains de pollen se montrent capables d'éliminer d'un échantillon d'eau, presque la totalité du phosphate qu'il contient.

Les chercheurs assurent que la culture de Lycopode en massue à des fins de dépollution de l'eau ne risque pas de concurrencer les cultures vivrières. Car la plante peut pousser sur des sols de piètre qualité. Et pour contenter tout le monde, les chercheurs indiquent qu'ils sont capables, au préalable, de débarrasser, par hydrolyse, le pollen de son matériel génétique et de son enveloppe cireuse. De quoi rendre les grains hypoallergéniques.

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