Des chercheurs de l’université du Michigan (États-Unis) ont mis au point une technique qui leur permet de suivre au jour le jour le parcours des microplastiques dans l’océan. © stokkete, Adobe Stock
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Les scientifiques ont trouvé une solution pour suivre à la trace les déchets microplastiques

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[EN VIDÉO] Microplastiques : du fleuve à l’océan  Le Yangzi Jiang est le plus important fleuve de Chine. Et il a longtemps été suspecté d’être la principale source de pollution aux microplastiques du monde. Des chercheurs de l’université du Michigan (États-Unis) montrent aujourd’hui comment il charrie d’importantes concentrations de microplastiques qui se dispersent ensuite dans la mer de Chine méridionale. (en anglais) © Université du Michigan 

La plupart des déchets plastiques qui polluent l'océan sont transformés en microplastiques. Ils deviennent alors particulièrement difficiles à suivre. Mais des chercheurs pourraient avoir trouvé une solution qui aiderait à mieux gérer cette pollution.

Huit millions de tonnes. C'est la quantité de déchets plastique qui se jettent chaque année dans l'océan. Décomposés sous l'effet du soleil et des vagues en ce que les scientifiques appellent des microplastiques, ils sont emportés par les courants. Parfois à des centaines ou des milliers de kilomètres de leur point d'entrée. Nuisant au passage à la vie marine et aux écosystèmes.

Pour suivre leur parcours, les chercheurs comptaient jusqu'alors notamment sur les retours des chalutiers à plancton. Ils ont pris l'habitude d'évaluer la quantité de microplastiques dans leurs prises. Une technique qui ne permet toutefois pas aisément d'extrapoler. Mais une équipe de l’université du Michigan (États-Unis) propose aujourd'hui une nouvelle solution qui permet de repérer les microplastiques océaniques à travers le monde et de les suivre au fil du temps. Elle indique où ils pénètrent dans l'eau, comment ils se déplacent et où ils ont tendance à s'accumuler. De quoi changer radicalement la manière dont cette pollution peut être gérée.

La solution compte sur un système de huit microsatellites lancés en 2016. Leur mission première : surveiller les conditions météorologiques près du cœur des grands systèmes de tempête. Ces microsatellites mesurent notamment la rugosité de surface de l'océan pour remonter à la vitesse des vents. « Sachant que la présence de substances dans l'eau altère sa réactivité à l'environnement, nous avons eu l'idée d'utiliser des changements de réactivité pour déduire la présence de choses dans l'eau », explique Chris Ruf, chercheur, dans un communiqué de l’université du Michigan.

À l'aide de mesures indépendantes de la vitesse du vent fournies par l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (Noaa), l'équipe a recherché des endroits où l'océan semblait moins agité qu'il ne devrait l'être compte tenu de la vitesse du vent. Ils ont ensuite comparé ces zones avec des observations réelles de chalutiers à plancton et des modèles de courants océaniques qui prédisent la migration du microplastique. Ils ont trouvé une forte corrélation entre les zones les plus lisses et celles avec plus de microplastiques.

Les concentrations en microplastiques sont plus élevées en été, ici au mois de décembre dans l’hémisphère Sud. © Université du Michigan

Une pollution variable selon les saisons

Le changement de rugosité à la surface des océans serait en réalité plutôt dû à des tensioactifs dont l'action est justement d'abaisser la tension superficielle à la surface des liquides. Mais les tensioactifs sont souvent libérés avec les microplastiques. Et ils voyagent et s'accumulent dans l'eau de la même manière. « Il est très probable que les tensioactifs agissent comme une sorte de traceur pour les microplastiques », précise Chris Ruf.

Quelle est exactement la relation qui existe entre rugosité de surface, présence de tensioactifs et présence de microplastiques et quels sont les mécanismes qui se cachent derrière ? C'est une question à laquelle les chercheurs doivent trouver une réponse. Mais, grâce à leurs travaux, les chercheurs ont notamment déjà noté que les concentrations de microplastiques ont tendance à varier selon les saisons. Le tristement célèbre vortex de déchets du Pacifique Nord, par exemple, se remplit préférentiellement aux mois de juin et juillet. Globalement, que ce soit dans l'hémisphère Nord ou dans l'hémisphère Sud, les concentrations ont tendance à être plus faibles pendant les mois d'hiver. Probablement en raison d'une combinaison de courants plus forts qui brisent les panaches de microplastiques et d'un mélange vertical accru qui les pousse plus loin sous la surface de l'eau.

Les données des chercheurs de l'université du Michigan ont également montré plusieurs brefs pics de concentration de microplastiques à l'embouchure du fleuve Yangzi Jiang (Chine), longtemps soupçonné d'être la principale source de cette pollution. Ce type d'informations pourrait aider les organisations qui nettoient les microplastiques à déployer des navires et d'autres ressources plus efficacement.

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