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Les secrets des serpents bipèdes percés grâce aux rayons X

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Les analyses par tomographie en rayons X d'un fossile d'un serpent bipède du Crétacé éclairent l'origine des serpents. Ils ne descendraient probablement pas des lézards marins.

Le fossile de Eupodophis descouensi © A. Houssaye

Reconstituer les détails de l'arbre phylogénétique des formes vivantes n'est pas une mince affaire. Un des problèmes qui tracassent les paléontologues et les biologistes de l'évolution est de savoir comment les serpents ont perdu leurs pattes. Le débat porte en particulier sur les ancêtres des serpents. Descendent-ils de lézards terrestres ou de lézards marins ?

Un groupe de chercheurs, mené par Alexandra Houssaye, du Centre de recherche sur la paléobiodiversité et paléoenvironnements (Muséum national d'histoire naturelle) vient de publier un article dans The Journal of Vertebrate Paleontology revenant plus en détails sur des travaux ayant déjà attiré l'attention des médias en 2008. Il s'agit des informations que l'on peut déduire d'images obtenues par tomographie en rayons X avec le célèbre European Synchrotron Radiation Facility (ESRF) de Grenoble.

Un fossile marin trouvé au Liban

Les chercheurs avaient employé cette technique pour analyser un curieux fossile datant du Crétacé terminal, montrant un serpent ayant vécu il y a environ 95 millions d'années dans les eaux de Téthys, une mer ayant précédé la Méditerranée. Le fossile montrait qu'il existait à l'époque de véritables serpents bipèdes. Il avait été découvert et décrit une première fois en 2000 par les paléontologues Jean-Claude Rage et François Escuillié, respectivement directeur de recherche au CNRS, Muséum d'histoire naturelle de Paris, et directeur du centre paléontologique privé Eldonia.


La reconstitution en 3D des images de la patte du serpent bipède. © 2011 ESRF/Light for Science, YouTube

Eupodophis descouensi, c'est le nom scientifique de cet animal dont le fossile long d'environ 50 centimètres a été trouvé dans une plaque de calcaire provenant du Liban, possède une paire de pattes atrophiées. Les restes étudiés par les chercheurs appartiennent à l'un des trois spécimens de serpents à pattes fossiles pour lesquels les os du bassin et des membres ont été préservés.

Une clé pour comprendre l'évolution des serpents

Si l'une des pattes (de 2 centimètres de long et reliée au bassin) était clairement visible en surface, l'autre a été révélée grâce à une nouvelle technique de tomographie 3D, la laminographie par synchrotron, bien adaptée à l'étude des fossiles inclus dans des plaques de calcaire lithographique. Ce genre de plaque est bien connu en paléontologie et l'on y trouve souvent de beaux fossiles, comme celui de l'archéoptéryx.

Les images haute résolution en 3D ont révélé que l'architecture interne des os de la patte de Eupodophis descouensi est très similaire à celle d'un lézard terrestre moderne. Cela contribue donc à faire pencher la balance en faveur de la thèse selon laquelle les serpents n'ont pas évolué à partir de lézards marins.

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