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L'émergence des mammifères n'était pas soumise à l'extinction des dinosaures

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L'hypothèse d'un gigantesque cataclysme provoquant la disparition totale des dinosaures il y a 65 millions d'années, permettant ainsi l'émergence des mammifères restés jusque-là sous la forme de minuscules et discrets animaux, est à revoir. C'est ce que laisse entrevoir une étude à paraître dans la revue Nature.

Le Tarbosaurus, de la famille des tyrannosauridae, fait partie des derniers dinosaures.

"Nous contestons l'importance, largement admise, de l'extinction massive comme origine et facteur de diversification des lignées de mammifères existants", déclarent Olaf Bininda-Emonds et son équipe scientifique de l'université technique de Munich. Ceux-ci soutiennent que cette diversification a commencé bien avant la disparition des dinosaures et s'est poursuivie bien après, la durée du phénomène étant bien supérieure à la brève période d'extinction proprement dite.

Pour arriver à ce résultat, Bininda-Emonds et ses collègues ont réussi à tracer le premier arbre généalogique comprenant la quasi-totalité des mammifères vivant aujourd'hui encore sur Terre et au cours des 160 millions d'années, soit 99% des espèces actuelles, alors que les études comparatives effectuées jusqu'ici ne portaient que sur des familles restreintes.

Auparavant, les données fragmentaires semblaient démontrer que les mammifères ne représentaient alors que quelques espèces insignifiantes, dont la présence de grands animaux empêchait toute évolution, jusqu'à ce qu'une catastrophe, telle la collision de notre planète avec un astéroïde, répande une grande quantité de poussière dans l'atmosphère. Celle-ci aurait alors bloqué la lumière du Soleil et entraîné la disparition de toute la chaîne alimentaire à partir des végétaux, et la mort de toutes les espèces ayant besoin d'une nourriture abondante. Seuls les petits mammifères, peu exigeants, auraient alors survécu.

Mais dans un communiqué, le Muséum d'Histoire Naturelle américain signale que même si ce fut en partie vrai, nombre de mammifères appartenaient à des branches éloignées de ceux dont les descendants sont parvenus jusqu'à nous, et ont tout de même disparu assez rapidement.

Les chercheurs cités ont déterminé qu'au contraire, la première grande diversification chez les mammifères est apparue il y a 166 millions d'années avec les monotrèmes (ornithorynques), puis il y a 148 millions d'années avec les marsupiaux. Enfin, tous les grands ordres de mammifères à placenta étaient déjà en place il y a 75 millions d'années, dix millions d'années avant la disparition des dinosaures.

43 grandes familles de mammifères qui nous sont toujours contemporaines ont ainsi survécu aux grands bouleversements qui ont accompagné la fin du Crétacé, alors que les dinosaures disparaissaient dans leur totalité. Une accélération du développement des mammifères s'est à nouveau produite durant l'éocène, de 55,8 à 33,9 millions d'années avant notre ère, sans que les raisons en soient précisément connues.

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