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Les dinosaures ont-ils connu la première pollution pétrolière ?

ActualitéClassé sous :paléontologie , géologie , cénosphère

La chute du fragment d'astéroïde ayant creusé l'astroblème du Yucatan lors de la crise Crétacé-Tertiaire s'est-elle accompagnée d'un vaste épanchement de pétrole ? C'est l'hypothèse avancée par un groupe de géologues après l'identification dans la couche KT de particules carbonées bien particulières, des cénosphères.

Du pétrole d'un gisement en Irak en train de brûler. Crédit : UK Ministry of Defence

Il y a 65 millions d'années, la chute dans la région du Yucatan d'un fragment d'astéroïde, très probablement celui connu aujourd'hui sous le nom de 298 Baptistina, conduisait à la formation d'un astroblème, c'est-à-dire un cratère d'origine météoritique, de 180 kilomètres de diamètre. L'explosion, dont la puissance a été estimée à au moins 5 milliards de fois celle de la bombe d'Hiroshima, aurait provoqué des incendies gigantesques à l'échelle de la planète entière, à cause de la retombée de matériaux chauds et de son onde thermique. On retrouve d'ailleurs de grandes quantités de particules carbonées, interprétées comme de la suie, dans la fameuse couche KT séparant le Crétacé du Tertiaire, et contemporaine de la disparition des dinosaures.

La découverte du cratère de Chicxulub a été permise par les campagnes de prospections pétrolières des années 1950 puis grâce aux données géophysiques  recueillies de nombreuses années plus tard par des chercheurs travaillant pour Petroleos Mexicanos (Pemex). Pas très loin de celui-ci se trouve en effet le champ pétrolifère Cantarell, l'un des plus grands gisements offshore du monde.

Mark Harvey et de Simon Brassell, géologues à l'université Bloomington (Indiana, Etats-Unis) ont dû être très surpris lorsqu'ils ont découvert que les particules de suie étaient en fait des cénosphères, c'est-à-dire des résidus de la combustion du charbon mais aussi du pétrole !

Jusqu'à présent en effet, la présence de cénosphères dans des couches géologiques semblait toujours liée à l'activité industrielle humaine. Comment de telles particules peuvent-elles se trouver associées dans la couche KT avec l'iridium d'origine météoritique ?

Une cénosphère observée au microscope électronique. Crédit : Mark Harvey

L'astéroïde qui a trouvé du pétrole

Les cénosphères ont été retrouvées dans la couche KT un peu partout sur la planète, en Espagne, au Canada, en Nouvelle-Zélande et au Danemark. Curieusement, leur taille augmente au fur et à mesure que l'on se rapproche du cratère de Chicxulub. On peut donc en déduire que c'est lors de l'impact lui-même que l'énergie thermique libérée a conduit à la transformation de roches riches en carbone et à la formation de cénosphères. D'après les estimations, ce sont des centaines de milliers de milliards de tonnes de telles particules qui auraient été produites.

L'interprétation la plus probable est que, aussi incroyable que cela puisse paraître, l'astéroïde ayant entraîné la disparition des dinosaures serait bel et bien tombé sur un vaste champ de pétrole. On imagine aisément la pollution résultante. Si cette interprétation est correcte, il n'y aurait pas eu d'énormes incendies à l'échelle de la planète entière, de quoi changer quelque peu notre vision de la catastrophe écologique de la limite KT.

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