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Les conodontes, des animaux disparus, avaient une autre façon de mâcher

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Modestes vertébrés marins disparus il y a 200 millions d'années, les conodontes possédaient des dents extrêmement pointues... mais pas de mâchoires, comme les actuelles myxines et lamproies qui, elles, sont, respectivement, nécrophages et parasites. Ils parvenaient malgré cela à venir à bout de leurs proies grâce à une astuce : les dents pivotantes.

Les dents des conodontes étaient extrêmement pointues. La largeur de la pointe mesurait environ 2 microns. &copy: Jones et al. 2012, Proc. Roy. Soc. B

Difficile de savoir comment les conodontes s'y prenaient pour se nourrir. Ces animaux marins vivant il y a environ 500 millions d'années se sont très probablement éteints à la fin du Trias, il y a 200 millions d'années. Les fossiles à la disposition des scientifiques sont complexes à interpréter. Mais une étude vient de montrer que cet animal, qui est certainement un vertébré, possédait un système de dentition plutôt original.

Ces animaux, qui ressemblent un peu à des myxines avec des gros yeux globuleux, figurent parmi les premiers vertébrés, mais ils n'avaient pas de mâchoires comme en possèdent les gnathostomes (qui regroupent les poissons à mâchoires et tous les vertébrés terrestres). Difficile d'imaginer qu'un animal puisse avoir des dents sans la capacité de les enfoncer dans une proie, d'autant que sa petite taille (de l'ordre du centimètre) aurait également été un facteur limitant pour s'attaquer à des proies.

Cycle du fonctionnement du système de dents du conodonte Wurmiella excavata. Les deux structures similaires, face à face, se referment, ce qui permet de découper, et un mouvement de rotation partielle permet le broyage. © Jones et al. 2012, Proc. Roy. Soc. B

Conodontes : des dents très aiguisées qui compensent l'absence de mâchoire

Mais les conodontes n'utilisaient pas du tout le même système que la plupart des vertébrés actuels. Les scientifiques britanniques et australiens se sont intéressés aux fossiles de l'espèce Wurmiella excavata et ont analysé la pression exercée par chacune de ces minuscules dents. Ils les ont également comparées avec des dents de chauve-souris. Leurs résultats sont publiés dans Proceedings of the Royal Society B.

Grâce à l'usure et à la forme des différentes dents, ils ont pu établir qu'elles fonctionnaient par paires, l'une en face de l'autre, exerçant des mouvements de rotation pour broyer la nourriture. C'est grâce à ces mouvements que cette espèce pouvait finalement se passer de mâchoires. De plus, la force musculaire normalement associée aux mâchoires était compensée par des dents extrêmement pointues.

Les comparaisons avec les fossiles d'autres espèces de conodontes indiquent en outre que ce système devait être assez répandu dans le groupe. En revanche, on ne le retrouve pas chez les autres vertébrés. Mais ces avancées vont justement permettre à la communauté scientifique de mieux comprendre les relations trophiques au sein des océans à cette époque, ainsi que l'évolution des dents chez les vertébrés.

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