La Fat Bear Week a lieu en ce moment et pouvez y participer. À travers le réseau de caméra en Alaska, vous pouvez suivre les ours favoris pour être le plus gras de l’année. Les résultats seront dévoilés demain pour le traditionnel Fat Bear Tuesday.

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[EN VIDÉO] Une ourse polaire et son petit filmés du ciel par Florian Ledoux En 2017, le photographe Florian Ledoux a traversé en voilier le Canada par le « passage du Nord-Ouest », qui fut mythique avant le réchauffement climatique. Cet amoureux de la nature a rapporté des images étonnantes et émouvantes, notamment saisies depuis un drone. Il a pu approcher ainsi, au plus près, une ourse polaire et son petit, vivant leur vie sur les glaces dérivantes.

À l'approche de l'hiver, la tentation de se terrer chez soi comme un ours dans sa tanière est grande. Mais l'hibernation n'est pas à la portée de n'importe quel animal : les ursidésursidés doivent s'y préparer en faisant d'énormes réserves de graisse. Ce processus est au coeur de la Fat Bear Week.

Chaque année, le parc national de Katmai organise ce concours pour sensibiliser le grand public à la protection des ours bruns d'Alaska. Tout le monde peut voter en ligne jusqu'à demain, mardi 11 octobre, un jour connu comme le Fat Bear Tuesday, pour les spécimens les plus imposants de cette région du Grand Nord.

Otis le favori

Certains ours bruns partent favoris, comme Otis, ce mâle à l'oreille droite tombante a été sacré quatre fois champion de la Fat Bear Week. Il est également l'actuel tenant du titre. Son secret ? La patience. Otis est connu pour attendre que les saumons qui remontent la rivière Brooks viennent à lui, plutôt que de les chasser activement comme ses jeunes congénères. Cette technique particulière lui a, un jour, permis de manger 42 saumons en une seule prise.

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Mais la concurrence est rude pour l'édition 2022 de la Fat Bear Week. Otis doit se confronter à de jeunes -- et plus vigoureux -- spécimens tels que Walker, Grazer, Holly ou encore Chunk. Ce dernier est un grand ours aux yeuxyeux bridés qui a une cicatricecicatrice distinctive sur le museau. Il possède d'importantes réserves de graisse, ce qui fait de lui l'un des mâles les plus grands et les plus dominants de la rivière.

Se préparer pour l'hivernation

Chaque année, des dizaines de milliers d'internautes participent à l'élection du plus gros ours brun du parc national de Katmai. Le concours a même attiré plus de 600.000 amateurs animaliers en 2021. Un succès qui fait le bonheur de Mike Fitz, un ancien ranger du parc national de Katmai qui a créé la Fat Bear Week en 2014. « Je pensais que ce serait une activité originale que Katmai pourrait faire chaque année, et c'est le cas, mais je ne m'attendais pas à ce qu'elle soit aussi populaire », a-t-il déclaré à The New York Times.

Les internautes peuvent en apprendre plus sur les 12 ours bruns en compétition sur le site de l'organisation à but non lucratif Explore. Ils peuvent notamment les observer dans leur pêche au saumon grâce à des caméras qu'ont installées les gardes forestiers près de la rivière Brooks. « Les gens en apprennent davantage sur les ours bruns et les saumons de cette façon, et nous espérons que cela se traduira par un plus grand sens de l'attention pour cet endroit remarquable, ainsi que pour les ours et les saumons du monde entier », a confié Mike Fitz au grand quotidien américain.

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Il y a urgence à agir : le dérèglement climatique bouleverse profondément la faunefaune et la flore en Alaska. Les températures y augmentent deux fois plus vite qu'à l'échelle mondiale, comme dans les autres régions polaires du Globe. Ce phénomène pourrait compromettre la survie des nombreux saumons qui peuplent la région, et, par extension, celle des ours bruns.

Une prise de poids vitale pour les ours bruns

Ces plantigrades se nourrissent essentiellement de saumon entre les mois de juin et d'octobre pour prendre suffisamment de poids avant l'hiver. Certains mâles du parc de Katmai peuvent peser jusqu'à 544 kilos à cette période, soit un quintal de plus que durant l'été. Cette prise de poids est primordiale pour leur permettre d'hiverner.

Pendant cinq à sept mois, les ours bruns se terrent et entrent dans un état de torpeur. Ils n'hibernent pas profondément comme la marmotte ou le spermophile arctique. Toutefois, leur rythme cardiaque et leur consommation d'oxygène baissent considérablement durant cette phase d'hivernation. Résultat : ils décomposent leurs réserves de graisse pour produire l'énergieénergie nécessaire à leur survie, tout en conservant leur massemasse musculaire.

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La Fat Bear Week célèbre ce processus étonnant qui fascine les scientifiques depuis des décennies. Un choc des titanstitans dont le résultat importe peu finalement, tant que le grand public prend conscience de la nécessité de préserver les ours bruns et leur écosystème naturel.