Avec ses grands yeux, le hibou Grand-duc est un excellent chasseur nocturne. © vladk213, Adobe Stock
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Un ADN spécial permettrait aux rapaces nocturnes de voir si bien la nuit

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Les rapaces nocturnes chassent principalement la nuit. Pour localiser leur proie, l'évolution les a dotés de très grands yeux capables de voir malgré l'obscurité. Sur la base d'une étude génétique, des chercheurs émettent l'hypothèse qu'une forme inhabituelle de l'ADN augmenterait aussi leur acuité visuelle, agissant comme une lentille.

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Au fil de l'évolution, les strigiformes, un ordre phylogénétique qui rassemble tous les rapaces nocturnes, sont devenus les maîtres de la chasse nocturne. Leurs grands yeux, ainsi que leur plumage, leur permettent de repérer leur proie alors que la lumière est très faible et de fondre sur elle sans faire de bruit.

Des scientifiques ont essayé d'identifier les marqueurs génétiques qui font des hiboux et des chouettes de si bons chasseurs nocturnes. Leur étude, publiée dans Genome Biology and Evolution, indique que certains gènes impliqués dans la vision mais aussi dans l'empaquetage de l'ADN sont surexprimés chez ces oiseaux.

L’ADN dans les yeux agit comme une lentille

Les scientifiques ont comparé le génome de 20 espèces d'oiseaux incluant onze strigiformes, deux rapaces diurnes, un membre de l'ordre des faucons, quatre Coraciimorphae, un groupe phylogénétiquement proche de celui des strigiformes, ainsi qu'un membre de l'ordre des passereaux et un membre de l'ordre des gallinacés. Le génome de référence choisi est celui de la Chevêche des terriers (Athene cunicularia).

De la comparaison de ces génomes, les scientifiques ont pu tirer quelques caractéristiques qui semblent être spécifiques des rapaces nocturnes. Les gènes impliqués de la transduction de la lumière sont surexprimés, mais aussi ceux impliqués dans l'empaquetage de l'ADN dans les cellules de la rétine. Selon les auteurs de l'étude, ces ADN spéciaux ont déjà été observés chez des mammifères nocturnes. Le noyau des cellules photosensibles fonctionnent alors chez ces animaux comme une lentille qui concentre les rayons lumineux vers les parties les plus internes de la rétine.

Les chercheurs émettent alors l'hypothèse qu'une conformation spécifique de l'ADN, absente des oiseaux diurnes, permettrait une meilleure canalisation de la lumière dans les cellules photosensibles, comme chez les mammifères nocturnes. Cette particularité génétique aurait été sélectionnée au fil de l'évolution et aurait permis aux strigiformes de s'adapter à un mode de vie essentiellement nocturne. 

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